Rentrée scolaire : Enseignement ou garderie?01/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1935.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Rentrée scolaire : Enseignement ou garderie?

La loi d'orientation sur l'école concoctée par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Fillon, que son successeur Gilles de Robien avait lors de son arrivée déclaré vouloir remettre à plat, va finalement s'appliquer dès cette année scolaire.

Certaines mesures entrent en application à la faveur de la rentrée, le 2 septembre pour la majorité des élèves.

En particulier, les enseignants des collèges et des lycées se verront proposer de remplacer leurs collègues absents: cette mesure concernera, aux termes de la loi, les absences de deux semaines maximum et ne s'appliquerait, jusqu'à fin décembre, qu'à des enseignants volontaires. À partir du 1er janvier, le chef d'établissement aura le pouvoir de réquisitionner un professeur, faute de volontaire, dans la limite de cinq heures d'enseignement supplémentaires par semaine.

Comme les emplois du temps des classes sont des grilles dont le moindre changement peut remettre en cause l'équilibre complexe, les parents risquent de voir leurs enfants surchargés de cours d'éducation physique parce que le seul enseignant disponible dans le créneau où le professeur d'anglais est absent est un professeur d'éducation physique. Et au prix de combien de bouleversements, d'erreurs, d'incompréhensions, de cours manqués...

C'est mieux que rien, diront sans doute les partisans de la loi Fillon. Mais c'est mépriser le travail de longue haleine dans lequel enseignants et élèves étaient engagés, et faire semblant de croire que n'importe quel professeur peut de but en blanc prendre en main trente ou trente-cinq adolescents qu'il ne connaît peut-être pas encore. Et encore, la loi prévoit que le choix ou la désignation des enseignants chargés de remplacer leurs collègues malades se fera «en relation avec leurs propres compétences», ce qui ne prouve pas qu'un chef d'établissement ne tentera pas de faire faire du dessin d'art à un professeur de géographie, sous prétexte qu'il sait dessiner des cartes.

En fait, derrière cette grossière démagogie destinée aux parents d'élèves, se dissimule à peine une des conséquences des économies budgétaires sur l'éducation: au lieu de créer des postes et de former des enseignants remplaçants pour les collèges et les lycées, le ministre supprime ceux qui existent et invente un tour de passe-passe pour boucher les «trous». Tant pis si, au lieu de leur cours, les adolescents sont parqués dans une sorte de garderie! Les 5800 suppressions de postes d'enseignants en collèges et lycées et les millions d'euros ainsi économisés sont à ce prix.

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