«Grandes» compagnies et vols à «petits prix»... pour elles01/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1935.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

«Grandes» compagnies et vols à «petits prix»... pour elles

À côté des compagnies, généralement immatriculées dans un pays du Tiers Monde, qui ont été à l'origine des drames aériens de cet été, il en est d'autres, les «grandes», qui se targuent de respecter les normes internationales de sécurité, et même de s'en imposer de plus rigoureuses.

Pourtant, entre les unes et les autres, il n'existe aucune cloison étanche. En tout cas, aucune qui empêcherait les géants mondiaux du ciel de figurer en bonne place dans la liste des accidents aériens, tel Air France à l'aéroport de Toronto récemment, ni surtout de chercher à faire des économies sur tout, y compris sur les conditions propres à assurer la sécurité. Ainsi quand ils réduisent leur personnel de bord, ou quand ils ne cessent d'exiger plus de «productivité» (autrement dit, plus de profit) du personnel d'entretien de leurs avions.

C'est dans un même but d'économies, et de bénéfices accrus, que ces grandes compagnies multiplient les vols en «code share» (partage de code) avec des compagnies ne remplissant nullement les mêmes critères de contrôle et de sécurité qu'elles. Ce système, largement pratiqué par toutes les grandes compagnies, permet de facturer aux passagers des billets au prix fort (censé être justifié entre autres par cette sécurité renforcée), tout en les faisant voyager sur un avion d'une autre compagnie, dont les coûts de fonctionnement sont plus bas, la grande compagnie empochant la différence au passage.

Ainsi, le vol et sa préparation (entretien de l'avion, qualification des équipages, etc.) sont assurés, par exemple, à des coûts russes dans le cas des vols «partagés» sur Paris-Moscou entre Air France et Aeroflot, avec des avions immatriculés... aux Bermudes. Évidemment, Air France ne s'en vante pas auprès des passagers. Mais ses actionnaires ne peuvent que s'en féliciter.

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