Sarkozy à La Courneuve : Tout devant la presse04/08/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/08/une1931.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sarkozy à La Courneuve : Tout devant la presse

Le 27 juillet, pour la troisième fois en un mois, Sarkozy, ministre de l'Intérieur mais aussi député et maire de Neuilly depuis plus de vingt ans, où il y a à peine 2% de logements sociaux contre 30% à Puteaux, et 65% à Bagneux, Gennevilliers ou Villeneuve-la-Garenne, a rendu visite aux jeunes de la Cité des 4000 à La Courneuve. Il a promis 257 embauches directes et 158 à pourvoir immédiatement et a déclaré: «Pour ceux qui veulent travailler, nous avons du travail; pour ceux qui ne veulent pas, on n'a pas de temps à perdre».

Il avait convoqué un responsable d'Air France et un autre de GDF qui contribuaient à donner des postes. Il s'est vanté d'avoir «mobilisé sur cette opération» une vingtaine d'entreprises dont Peugeot, Carrefour, ADP ou Eurocopter. Les grandes écoles ont promis d'aider. C'est qu'il a des relations dans le beau monde, Sarkozy! Surtout dans le milieu des grands patrons. Des patrons qui sont prêts à offrir des emplois pour rehausser la stature du personnage, d'abord au sein de l'UMP, première étape du parcours électoral de la présidentielle, ensuite auprès des électeurs.

Bien sûr, pas ceux de La Courneuve et encore moins des 4000! Mais ses déclarations ne visent pas les habitants de La Courneuve mais tous les petits bourgeois et bourgeois de France qui sont sensibles au langage musclé de Sarkozy envers les jeunes, auxquels il a dit, après avoir promis ces emplois: «Maintenant on donne, il faut mériter!»

Ben, voyons! Sarkozy, en dame patronnesse, demande pour faire la charité, qu'on aille à la messe.

Il veut surtout faire croire qu'il est capable de résoudre le chômage mieux que Villepin avec ses Contrats nouvelle embauche.

À quelqu'un qui lui disait «mais ces 500 emplois, c'est une goutte d'eau dans le chômage», il a répondu: «Mais c'est un exemple qui, je l'espère, pourra être imité».

Mais tout le monde n'est pas ministre! Tous les maires et députés n'ont pas quelques dizaines de PDG de grandes sociétés dans leur manche, susceptibles de les aider à faire leur campagne électorale.

Pourtant il se défend de faire sa campagne électorale. Il a dit à un jeune qui le lui faisait remarquer: «Cela devient difficile, quand personne ne vient, vous êtes abandonnés; quand on vient, vous dites que c'est pour gagner les élections!»

Cela n'a pourtant rien de contradictoire. On peut faire le guignol trois fois en un mois en invitant la presse et les télévisions, et abandonner les jeunes et les habitants de la Cité des 4000 le reste de l'année.

Et puis une femme présente a répondu à Sarkozy qu'il n'était pas vrai que les hommes politiques ne viennent jamais à La Courneuve et aux 4000. Elle y habitait depuis 25 ans et elle avait vu des dizaines de visites de ministres et même un président de la République! À part le vent sur leur passage, rien n'avait bougé. Et avec Sarkozy il en ira de même.

Quelque chose qui serait plus convaincant de sa bonne foi que de donner du travail à 500 jeunes, alors que des milliers de gens n'ont pas assez de ressources pour se loger correctement, ce serait, puisqu'il est maire de Neuilly, de donner l'exemple en y construisant des logements sociaux, sinon autant qu'il y en a dans le département de Seine-Saint-Denis, au moins 20%, car le problème des jeunes, c'est autant le logement que l'emploi.

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