Toyota Onnaing–Valenciennes (59) : La direction condamnée par le tribunal des Prud’hommes07/07/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/07/une1927.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Toyota Onnaing–Valenciennes (59) : La direction condamnée par le tribunal des Prud’hommes

Après de nombreux reports consécutifs aux manoeuvres des avocats de Toyota, le tribunal des Prud'hommes de Valenciennes a finalement rendu son verdict le 30 juin en condamnant la direction pour le licenciement abusif d'un salarié en 2002.

Celui-ci avait dénoncé publiquement son licenciement dans un tract distribué à la porte de l'entreprise à l'époque: «(...) j'ai 31 ans, je suis marié et j'ai deux enfants. J'ai été embauché chez Toyota en septembre 2000 et je suis l'un des plus anciens de l'assemblage (...). Jeudi dernier, j'ai fait tomber une clé à couple qui s'est cassée et on m'a faussement accusé de l'avoir fait exprès. Une heure plus tard, j'étais reconduit à la porte de l'usine avec interdiction d'y remettre les pieds jusqu'à aujourd'hui, pour l'entretien en vue de mon licenciement.»

La clé vaut moins de 200 euros... Mais comme cela se pratique souvent dans cette usine soi-disant moderne, son chef avait pris le premier prétexte venu pour virer un salarié pas assez soumis. C'est la méthode Toyota: une pression permanente des managers sur les «group leaders», et des «group leaders» sur les «team leaders», pour qu'ils imposent aux «team members» -les seuls à être rivés durant toute la durée du poste à la ligne de production- des cadences infernales et des conditions de travail inhumaines. Cela permet à Toyota-Onnaing d'annoncer 70 millions d'euros de profit net pour 2004-2005, soit 25000 euros par salarié, près de deux fois le salaire annuel d'un ouvrier en production!

Coups de gueules, menaces, promesses de promotion, délation, sanctions arbitraires, licenciements décidés lors des staffs de chefs, tout y passe pour faire produire toujours plus avec un personnel insuffisant et des machines usagées. Plusieurs chefs, pas assez répressifs aux yeux des managers, ont été rétrogradés.

L'entreprise atteint maintenant près de 3000 salariés embauchés. Mais depuis 2001, près de 1000 salariés ont été poussés dehors ou ont été virés, sans parler des centaines de travailleurs sous contrat précaire, intérim ou CDD. Ces deux dernières années, près de 400 ouvriers embauchés ont été licenciés, ou sont partis, alors que le chômage reste nettement au-dessus de la moyenne nationale dans la région.

Mais cette fois la direction est tombée sur un os. La détermination d'un «team member», soutenu par la CGT, a créé un précédent. Bien sûr la direction peut faire appel, mais elle devra tout de même verser 12500 euros d'indemnité.

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