Les mots creux du PS : Qu’importe le programme, pourvu qu’on ait la place07/07/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/07/une1927.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Les mots creux du PS : Qu’importe le programme, pourvu qu’on ait la place

Le congrès du Parti Socialiste aura lieu à la mi-novembre 2005 au Mans. Les dirigeants socialistes affirment qu'il s'agit de mettre en place un «projet» et pas de désigner le futur candidat du PS à la présidentielle de 2007. Mais il est évident que la course est d'ores et déjà ouverte entre des aspirants candidats dont les discours sont aussi creux les uns que les autres.

En organisant, le 2 juillet à Canteleu, une réunion de 600 membres de son association «Agir pour l'Égalité», suivie d'un banquet, Fabius s'est posé en rassembleur de la gauche face à Hollande.

«Si on pense que ses propres alliés sont des passéistes, des populistes, voire des racistes, si on croit que tel mouvement altermondialiste est un adversaire, alors avec qui bâtira-t-on le rassemblement?», a-t-il décoché, faisant allusion aux attaques lancées par la direction actuelle du PS à l'encontre des partisans du «non de gauche». Quant à son programme, il «pourrait tenir en quelques termes: un logement, un emploi, un savoir». C'est évidemment plutôt vague, mais Fabius pense évidemment qu'il vaut mieux rester dans le vague pour rassembler!

De son côté, Hollande dans les colonnes du Journal du Dimanche parle de ce qu'il ferait s'il était au pouvoir: «(...) Je proposerais l'ouverture d'une grande négociation, un nouveau «Grenelle» sur l'emploi, les salaires, la formation. Enfin je mettrais en place un contrat de reclassement pour que tout licencié retrouve à terme un emploi». Voilà qui n'est guère moins vague, et surtout qui n'engage à rien, surtout pas à augmenter les salaires et à interdire les licenciements collectifs.

Quant à Jack Lang, qui s'est aussi avancé comme candidat à la candidature tout en restant dans l'ombre de Hollande, c'est un livre entier qu'il nous prépare, pas encore écrit mais qui a déjà un titre, «Changer la politique», dans la continuité du slogan qui était celui du PS du temps de Mitterrand, «changer la vie», dont les travailleurs ont pu mesurer toute la vacuité.

Lui non plus, dans ses déclarations, ne s'engage pas à revenir sur toutes les mesures antiouvrières prises par les gouvernements Raffarin et de Villepin. Et aucun dirigeant socialiste ne le fera, pas plus aujourd'hui qu'en novembre, car ils se contentent de compter sur l'arrogance et le cynisme de la droite pour amener l'électorat populaire à voter pour eux aux prochaines élections. La droite fait leur campagne sans qu'ils ressentent le besoin de prendre le moindre engagement un peu précis vis-à-vis de la population laborieuse.

Dans un pays où la gauche est généralement minoritaire dans l'électorat, ils font le calcul que les voix des travailleurs leur sont acquises d'avance, et que s'ils veulent revenir au gouvernement, c'est plutôt du côté de la petite bourgeoisie «éclairée», celle qui n'apprécie pas les rodomontades d'un Sarkozy, qu'ils vont essayer de pêcher des voix. Et s'ils reviennent au gouvernement, ce sera de toute manière, comme ils l'ont toujours fait, quels qu'aient été leurs programmes électoraux, pour mener une politique de défense des intérêts du grand patronat.

Comme quoi les travailleurs n'ont rien à attendre du combat des chefs qui va se livrer au sein du Parti Socialiste.

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