SNECMA-Gennevilliers : Grève pour l'embauche d'intérimaires24/06/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/06/une1925.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNECMA-Gennevilliers : Grève pour l'embauche d'intérimaires

Jeudi 16 juin, une centaine de travailleurs de l'usine SNECMA de Gennevilliers se sont mis en grève pour l'embauche des intérimaires de leur atelier, l'incorporation de la prime de soins corporels dans le salaire, ainsi que pour le paiement des heures de grève.

Au départ, c'est le secteur Ajustage qui a démarré, en particulier pour l'embauche de leurs collègues intérimaires. Pour les travailleurs du secteur, le comportement de la hiérarchie locale était inadmissible. Celle-ci, vrai garde-chiourme, aboie ses ordres et exige par exemple que ces intérimaires viennent effectuer des heures supplémentaires. La mission des intérimaires se terminait comme par hasard fin juillet, dans une période où il y beaucoup d'absents. Voyant le stratagème programmé de la sorte, les travailleurs du secteur ont préféré prendre les devants et exiger l'embauche des quatre intérimaires de leur atelier.

Au même moment, dans un autre secteur de l'usine, la direction intégrait la prime de soins corporels. Cela encouragea alors d'autres ateliers à reprendre la revendication et à se mettre également en grève. Celle-ci s'installait alors dans plusieurs ateliers, gênant la direction particulièrement dans celui des Presses où il y a beaucoup de travail et où la sous-traitance est quasi impossible. Jouant la carte de la division, la direction céda dans ce secteur, pas sur les revendications communes mais sur des problèmes sectoriels. Du coup, les grévistes de ce secteur reprenaient le travail vendredi après-midi 17 juin.

Le lundi matin suivant, cela avait donné un petit coup au moral de ceux qui restaient en grève. Néanmoins, 70 travailleurs continuaient leur action. Quant à la direction, elle devenait de plus en plus intransigeante et ne voulait céder sur rien. Mais mardi 21juin, les grévistes s'obstinant, la direction cédait alors sur l'embauche de six intérimaires, mais toujours rien sur le plan de l'intégration de la prime. Une trentaine de grévistes, voyant la direction accepter en outre des revendications de leur secteur, décidaient de reprendre ensemble mercredi matin. Il ne restait alors qu'une trentaine de grévistes exigeant des engagements écrits sur l'embauche des intérimaires.

Pour ceux qui ont repris, il n'y a pas de déception de ne pas avoir tout obtenu, d'autant que le secteur n'avait pas connu une telle mobilisation depuis longtemps.

Au-delà de l'embauche des intérimaires, la question des salaires reste entière. La SNECMA annonce des profits records, mais ne veut rien donner aux salariés. Cela ne passe vraiment pas.

En ce qui concerne les intérimaires, traités comme des chiens, et qui devraient retourner vers la précarité, le chômage, beaucoup de grévistes ont reconnu, à travers eux, la situation de leurs enfants ou de leurs frères. Pour eux, leur action a permis l'embauche de six intérimaires et ce n'est pas rien.

Partager