Le désaveu électoral ne pouvait pas les faire reculer. Notre détermination le fera !24/06/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/06/une1925.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Le désaveu électoral ne pouvait pas les faire reculer. Notre détermination le fera !

On a pu, bien sûr, se réjouir du camouflet subi, lors du référendum, aussi bien par Chirac que par la direction du PS, par ceux qui gouvernent aujourd'hui et par ceux qui gouvernaient hier. Ils ont été complices dans le vote "oui" pour une Constitution qui n'apportait rien de bon aux travailleurs et aux peuples. Et cela, en plus d'assumer à tour de rôle la politique qui leur est dictée par le grand patronat et qui se traduit par la dégradation continue des conditions d'existence des salariés et des chômeurs.

Que ces gens-là aient été désavoués, tant mieux! Mais la suite a montré que cela ne les oblige pas à renoncer à leur politique antiouvrière.

Les ténors du "non de gauche", qui font mine de s'insurger contre le fait que Chirac "n'entend pas le message des électeurs", abusent les travailleurs.

Ceux qui nous gouvernent n'ont pas attendu le "non" au référendum pour savoir que le monde du travail en a ras le bol! Ras le bol des attaques contre les retraites et l'assurance maladie, ras le bol des licenciements qui ruinent des centaines de milliers d'existences, ras-le-bol du chômage et de la précarité.

Bien sûr qu'ils savent que les salariés ne peuvent pas être contents d'une politique si clairement opposée à leurs intérêts, alors même que le patronat, les possédants sont favorisés systématiquement.

Mais ils ne gouvernent pas en fonction des salariés. Ils gouvernent pour le compte du grand patronat. S'agissant du gouvernement Villepin-Sarkozy, même sur le plan électoral, ce n'est pas le vote des salariés qu'il recherche mais celui des possédants, grands bien sûr, mais aussi moyens et petits. La droite au pouvoir a très bien compris le message du "non". Elle cherchera à se relever, pas auprès des travailleurs, mais auprès de l'électorat réactionnaire qui approuve les mesures antiouvrières.

Nous n'avions rien à espérer du référendum passé, si ce n'est la satisfaction d'avoir dit "non". Comme nous n'avons rien à espérer des élections législatives et présidentielle à venir.

En revanche, le monde du travail représente une force réelle, puissante. Pour que la pompe à profits fonctionne, pour que les actionnaires encaissent sans rien faire des revenus en croissance de 10 à 20% tous les ans, il faut que l'économie tourne, que les usines produisent, que le commerce débite. Les travailleurs ont le pouvoir d'enrayer toute cette machinerie, et cela représente pour la bourgeoisie une menace certes plus grave que le résultat d'un référendum!

Les organisations de la classe ouvrière, le PCF et les directions syndicales, amusent la galerie en continuant à présenter le référendum comme un combat décisif gagné. Le PC prétend même le continuer par... une pétition! Mais ni les uns ni les autres ne proposent une perspective pour les travailleurs.

Une contre-offensive du monde du travail assez forte pour faire reculer et le patronat et le gouvernement, un nouveau Juin 36, ne se décrète pas. Il faut que les travailleurs reprennent confiance en leur force. Cela exige un plan de combat, un échéancier, des objectifs qui unissent l'ensemble du monde du travail. Des journées comme celle de la Métallurgie le 9 juin ou celle du 21 juin pourraient y trouver leur place. Mais, pour le 21juin, seule la CGT a appelé, et encore sans beaucoup de conviction, alors que les autres centrales n'ont rien d'autre à proposer que la résignation. Et encore, même la CGT ne parle pas d'une suite et ne la prépare pas dans la transparence, afin que les travailleurs puissent connaître les étapes à venir et en juger.

Il faut participer à des journées d'actions comme le 21juin, même mal engagées. Il le faut, ne serait-ce que pour montrer aux directions syndicales ce que les travailleurs attendent d'elles.

Mais, une fois ces journées passées, reste entière la nécessité d'une mobilisation des travailleurs sur des objectifs vitaux: mettre fin au chômage et à la précarité en interdisant les licenciements, répartir le travail entre tous les bras, imposer une augmentation générale des salaires.

Arlette LAGUILLER

Éditorial des bulletins d'entreprise du 20 juin

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