La Poste - Centre de Tri - Bègles : Le coup de force continue, la mobilisation aussi24/06/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/06/une1925.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste - Centre de Tri - Bègles : Le coup de force continue, la mobilisation aussi

Au centre de tri postalJ.-J.-Bosc de Bordeaux- Bègles, si après plus de trois semaines, la grève des brigades de nuit s'est arrêtée, les postiers sont toujours en lutte contre un plan de suppression de48 emplois et contre les plaintes et les sanctions à l'encontre de14 syndicalistes et militants du centre de tri.

La procédure de réorganisation du centre aurait du être lancée par un dernier Comité technique paritaire, validant le plan de la direction. Celle-ci avait décidé de "délocaliser" la réunion à Mérignac, loin du centre et des lieux de rendez-vous habituels et à 9 heures du matin, comptant certainement décourager ainsi les postiers en brigade de nuit. Malgré ces obstacles, jeudi 16 juin, c'est 130 postiers (dont plusieurs dizaines de grévistes) qui se sont rassemblés pour manifester leur désaccord sous les fenêtres de la salle de réunion. Lors de ce CTP, aucune organisation syndicale n'a siégé. Du coup, le directeur régional, responsable de l'envoi du GIPN, de la mise en examen de neuf militants et de la menace de 14 révocations, a décidé de ne pas le valider pour apparaître dans le communiqué de presse comme quelqu'un qui reste ouvert au "dialogue social"! Il a aussi dans ce cadre-là fait nommer un "facilitateur".

Mais au centre de tri, ses subordonnés, dont les soi-disant séquestrés, revenus encore plus arrogants, n'ont pas attendu la validation du CTP, théoriquement nécessaire, pour essayer de faire passer en force la réorganisation du travail. Les nouveaux postes d'ouverture dépoussiérants sont en place: c'est une désorganisation totale! La direction essaye aussi d'aggraver la polyvalence des agents et des manutentionnaires. Et pour décourager les agents de nuit et justifier les suppressions d'emplois, elle menace de faire passer le tri du courrier extra-départemental en brigade de jour, à effectif constant dans ces brigades! Elle essaye de profiter de la suspension des quatorze, qui étaient les principaux organisateurs, pour faire passer ses mesures. Mais d'autres militants ont pris la relève et organisent à leur tour les assemblées générales, les heures d'information syndicales et les débrayages, et maintiennent une ambiance de solidarité entre les anciens grévistes.

Nouvelles menaces, nouvelles provocations

Cela a valu à ces camarades de nouvelles menaces et de nouvelles provocations et tentatives d'intimidation. L'un d'entre eux, qui organisait alors une assemblée dans une brigade d'après-midi, a été menacé par un chef qui l'a accusé, comme cela, gratuitement, de l'avoir séquestré lui aussi. Un autre a été muté d'office de son poste au "bureau d'ordre" (gestion des postes et des congés des agents) à la production. Et dernièrement, cinq autres syndicalistes ont été avertis qu'ils allaient être sanctionnés pour des faits... qui restent jusque-là secrets puisque personne n'est au courant des motifs. Pour l'instant, le chef de centre pratique le chantage: les sanctions resteraient dans le tiroir si la réorganisation se passe comme il l'entend!

Au bureau de poste de Bordeaux RP, une travailleuse s'est vu demander de retirer le T-shirt de solidarité portant les quatorze noms des sanctionnés, sous prétexte que c'était un signe "ostentatoire"! Au CRSF (centre des services financiers) et au centre de tri, les macarons portant le chiffre "14" sont toujours d'actualité. La collecte de la CGT et de SUD a rassemblé localement plus de 10000 euros.

Vendredi 17 juin, le camarade contractuel a été reçu en entretien plus de deux heures par la direction. Il était soutenu par plus d'une centaine de postiers. Quant à la sanction, le licenciement ou la mise à pied, la direction a annoncé qu'elle prenait du temps de réflexion.

Mardi 21 juin, à l'occasion de la journée nationale d'action de la CGT, plus d'un millier de travailleurs de Bordeaux, du public et du privé, sont venus rejoindre les 150 postiers du centre sous les fenêtres de la direction régionale de La Poste pour y dénoncer la répression patronale. La manifestation s'est alors transformée en manifestation de soutien, un soutien apprécié par tous les postiers.

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