Hôpital : Urgences en grève pour plus de moyens15/04/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/04/une1915.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital : Urgences en grève pour plus de moyens

La grève des Urgences continue et elle est un succès. À la fin de la première semaine de grève, l'Association des médecins urgentistes de France annonçait entre 75 et 90% de grévistes, selon les hôpitaux. Ils protestent contre la situation dramatique des Urgences, les conditions de travail épouvantables des équipes soignantes qui y oeuvrent et les conditions inhumaines dans lesquelles les malades y sont hébergés.

Vendredi 8 avril, les représentants des grévistes ont été reçus au ministère de la Santé. Le ministre Douste-Blazy n'a pas jugé bon d'être de la réception. Il a délégué son directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins. Tactique éculée, ce dernier s'est dit non mandaté et incompétent pour discuter la revendication essentielle des urgentistes: une augmentation des moyens et du personnel mis à la disposition des Urgences. C'est le fond du problème.

Certes, si les malades sont de plus en plus nombreux à se rendre aux Urgences en soirée et le dimanche, c'est en partie parce que les généralistes de garde sont de moins en moins nombreux. Et, depuis 2003, depuis que les gardes sont assurées au volontariat, la situation a encore empiré. Seuls sont volontaires ceux qui en ont besoin pour des raisons économiques et ceux aussi qui considèrent, à juste titre, que cela fait partie intégrante de leur métier.

Au nom de la fatigue, de l'insécurité ou de la liberté, des médecins libéraux protestent contre le droit de réquisition des médecins libéraux dont les préfets disposent en cas d'insuffisance de volontaires. Mais pour les urgentistes, la réquisition fait partie de leur quotidien. En ce moment, ils sont en grève mais leurs services tournent. Ils sont réquisitionnés.

Il faudra bien qu'à un moment on organise un système de soins rationnel qui tienne compte des besoins réels de la population, notamment du nombre de plus en plus élevé de personnes âgées et donc de malades. Pour cela il y a un seul remède: y consacrer les sommes nécessaires. Pour que le système de soins profite à toute la population, il faudra une politique qui, entre les subventions qui ne servent qu'à enrichir les patrons et les investissements dans l'intérêt de la population, fasse le bon choix.

Partager