Constitution : La campagne mensongère du PS06/04/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/04/une1914.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Constitution : La campagne mensongère du PS

La fédération de Paris du Parti Socialiste diffuse un tract de 4 pages pour appeler à voter «oui» à la Constitution européenne, en prétendant que «le traité constitutionnel est le plus progressiste, le plus social des traités européens». Elle ose y voir d'importantes avancées par rapport aux traités antérieurs et affirme: «Notre oui est franc, notre oui est clair, notre oui est socialiste»! Le tract est un éloge du traité, particulièrement cynique en ce qui concerne l'emploi.

Le Parti Socialiste a ainsi le culot d'affirmer que le traité constitutionnel donne «la priorité à l'emploi» et se félicite que le plein emploi soit «un objectif clair et affiché». Qu'on en juge: le traité veut un développement économique basé sur «une économie sociale de marché hautement compétitive qui tend au plein emploi et au progrès social». Mais tous les jours des patrons licencient, avec la bénédiction du gouvernement, sous prétexte d'être plus compétitifs! Comme marche vers le plein emploi, on fait mieux! Quant au progrès social, c'est bien plutôt de régression sociale qu'il s'agit.

D'ailleurs, en matière d'emploi, le traité précise: «L'Union et les États membres s'attachent à élaborer une stratégie coordonnée pour l'emploi, et en particulier à promouvoir une main-d'oeuvre qualifiée, formée et susceptible de s'adapter, ainsi que des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l'évolution de l'économie en vue d'atteindre les objectifs visés». C'est exactement ce que réclame le patronat: la fin des protections sociales encore existantes, pour pouvoir licencier encore plus facilement afin de «réagir vite», et une main-d'oeuvre qui «s'adapte», c'est-à-dire encore plus flexible, qui soit contrainte d'accepter n'importe quel travail, n'importe où, dans n'importe quelles conditions, pour suivre «l'évolution de l'économie»! On ne trouve aucune protection, aucune avancée pour les salariés dans le texte, mais au contraire les aspirations classiques du patronat. Le PS veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et approuver un programme de régression sociale.

Et ce n'est pas l'instauration d'un «comité de l'emploi», purement consultatif, la tenue d'un «sommet social tripartite pour la croissance et l'emploi» qui une fois par an doit «contribuer au dialogue social», ou même la mise en place d'un gouvernement économique en face de la Banque centrale européenne, qui changeront quoi que ce soit aux politiques antiouvrières des gouvernements de l'Union, de gauche comme de droite, contrairement à ce que laisse entendre le Parti Socialiste.

Les auteurs du traité constitutionnel croient si peu à leur propre verbiage sur le plein emploi qu'ils n'ont pas osé inscrire dans la Constitution «le droit au travail», mais seulement celui «de chercher un emploi, de travailler, de s'établir, ou de fournir des services dans tout État membre».

Le simple fait que, sur un sujet aussi vital que le chômage, le traité n'offre absolument aucune protection supplémentaire aux salariés, bien au contraire, justifie que tous ceux qui sont indignés de la situation faite au monde du travail votent «non». Et cela juge les dirigeants du Parti Socialiste qui veulent faire voter «oui».

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