Nestlé Beauvais (Oise) : Débrayages pour les salaires31/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/04/une1913.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nestlé Beauvais (Oise) : Débrayages pour les salaires

L'usine Nestlé de Beauvais vient de connaître des débrayages pour les salaires, notamment dans le secteur des Crèmes glacées (ancienne marque Gervais) de cette entreprise qui fabrique, entre autres, les surgelés Maggi.

En février, la direction annonçait en tout et pour tout une augmentation de 1% à partir de septembre 2005: cela revient à 0,3% sur l'année, soit moins de 4 euros par mois pour un salaire de 1200 euros! Quelques jours plus tard, tombaient les résultats financiers du groupe Nestlé dans le monde: 4,5 milliards d'euros de profits. Cela représente une ponction de 1500 euros par mois sur chacun des 250000 salariés du groupe dans le monde! Grâce à ce résultat qualifié "d'historique", Nestlé a gratifié ses actionnaires d'une augmentation de 11% de leurs dividendes!

En 2004, l'annonce de primes ridiculement basses avait provoqué plusieurs journées de débrayages aux Crèmes glacées, et la direction avait dû réajuster les primes. Cette année, à l'initiative de la CGT, l'ensemble des syndicats a appelé à un premier débrayage d'une heure dans chaque équipe, aux Crèmes glacées, mais aussi aux Surgelés Maggi, qui sortent à peine de deux plans successifs de suppressions d'emplois.

Pour limité qu'il fût dans la durée, ce débrayage a été massivement suivi. Le suivant également, d'autant qu'entre-temps on apprenait que Nestlé donnait 1,8% et une augmentation de 15% de la prime de participation... aux autres usines du groupe!

Ce n'est qu'après le troisième débrayage des Crèmes glacées, toujours aussi unanime, et qui commençait à se transformer en une grève dans l'équipe de nuit, que la direction acceptait d'ouvrir des négociations.

Celles-ci se sont tenues le vendredi 25 mars. Les propositions de Nestlé se résument à peu de choses: 1% au 1er avril et 0,5% au 1er octobre. Cela fait 0,875% sur l'année au lieu des 0,3% précédents, 10 euros mensuels pour un salaire de 1200 euros.

Dès que le résultat a été connu, un nouveau et dernier débrayage s'est tenu dans chaque équipe. Chacun voit que la direction ne lâche presque rien, mais personne n'est réellement déçu. Beaucoup se disent qu'il faudra une véritable grève pour arracher une réelle augmentation de salaire, comme viennent de le faire les salariés de Davigel, une autre usine du groupe Nestlé. Et cela pourrait bien arriver avec les beaux jours, quand les stocks seront au plus bas et les commandes au plus haut.

En 1988, l'usine avait connu une grève qui s'était soldée par une défaite, 120 mises à pied et 21 licenciements. Jusqu'à maintenant, cet échec a joué un rôle de frein dans les consciences. Grâce aux débrayages actuels qui ont touché tous les secteurs de l'usine, cette page est peut-être en train de se tourner.

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