SKF – Saint-Cyr-sur-Loire (37) : Quatre jours de grève pour les salaires24/02/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/02/une1908.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SKF – Saint-Cyr-sur-Loire (37) : Quatre jours de grève pour les salaires

Du lundi 14 au jeudi 17 février, SKF, qui emploie 1300 salariés en 2x8, en équipe de nuit ou en normale à la fabrication de roulements à billes dans son usine de Saint-Cyr-sur-Loire près de Tours, a été bloqué par la grève de plusieurs centaines de travailleurs de production.

La semaine précédente déjà, le mécontentement était perceptible, les négociations salariales annuelles venant à échéance sur un fond de ras-le-bol généralisé des conditions de travail.

«Ça sent la palette», entendait-on dans les ateliers -allusion aux feux que nous n'allions pas tarder à allumer pour nous réchauffer aux piquets de grève, si la direction n'accordait pas des augmentations substantielles. La colère commença à s'exprimer lors d'une première assemblée générale, bien suivie par les travailleurs de production le lundi 7 février. Il fut demandé à la direction d'avancer la troisième réunion de négociations. En vain.

Elle proposait 2,3% d'augmentation générale, assortie de quelques dixièmes d'augmentation individuelle et promotionnelle, tandis que les syndicats CGT (majoritaire) et FO demandaient de 5 à 6% avec un «talon» de 80 à 90 euros, ce qui semblait le minimum dans un contexte où SKF annonce des bénéfices en hausse de 60% tandis que la part revenant aux actionnaires passe de 33 à 50%.

C'est finalement le lundi 14, lors d'une assemblée générale où nous nous sommes retrouvés près de trois cents venant de différentes équipes (pour un effectif total de 800 au premier collège), que la grève fut votée jusqu'au jeudi, la détermination des travailleurs rassemblés balayant les hésitations de certains responsables syndicaux.

Dès lors, toutes les entrées de l'usine furent bloquées par des piquets se relayant autour des feux de palettes, tandis que d'autres se réchauffaient en jouant au foot. Pas question de laisser sortir la production qui continuait en partie à être produite par une minorité de l'effectif, dont les travailleurs intérimaires.

En début de semaine, beaucoup étaient absents pour cause de maladie ou de jours de modulation (RTT) et un certain nombre d'entre eux nous ont rejoints dans la grève un ou deux jours plus tard. Et alors que le patron se plaignait à la télévision et dans la presse d'une «minorité qui met l'usine en péril» et clamait «qu'on ne peut pas mettre en péril les prix de revient de l'entreprise», nous étions décidés à le faire céder.

Jeudi 17 février, la direction annonça qu'elle était prête à donner 3% d'augmentation générale et à reprendre les négociations, si les grévistes acceptaient de laisser sortir immédiatement un camion chargé de pièces. Il fut décidé de laisser passer le camion. Cependant en début d'après-midi l'assemblée générale rejeta la nouvelle proposition d'augmentation: 3% assortie d'une prime de 100 euros pour tous (grévistes et non-grévistes). Les syndicalistes furent renvoyés à la négociation, et la direction céda finalement 3,3% d'augmentation générale, 0,2% d'augmentation promotionnelle et l'étalement du prélèvement des jours de grève.

C'est sur cette base que l'assemblée décida la reprise du travail. Des techniciens du deuxième collège ont aussi participé à la grève: ils ont également obtenu 1% d'augmentation générale en plus de ce que la direction avait envisagé.

SKF fait de gros bénéfices et n'a cependant pas hésité à fermer une usine en région parisienne l'année passée. À Saint-Cyr, une grève pour les salaires avait déjà eu lieu il y a deux ans. Avoir remis ça cette année n'est pas seulement bon pour notre portefeuille. C'est aussi comme ça que les patrons apprennent à nous respecter.

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