Moulinex : Des travailleurs laissés pour compte24/02/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/02/une1908.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Moulinex : Des travailleurs laissés pour compte

Le jeudi 17 février dernier, quelque 80 ex-salariés de Moulinex ont manifesté devant la préfecture de Caen où se tenait une réunion du comité de suivi de la convention Moulinex, pour dénoncer la situation de nombreux travailleurs licenciés il y a plus de trois ans.

Sur les 2880 ex-salariés inscrits à l'ouverture de la cellule de reclassement, «il reste 318 personnes sans solution» (289 dans le Calvados, 20 dans l'Orne et 9 dans la Manche), s'est félicité le préfet de Région après avoir affirmé que «89% des Moulinex ont trouvé une solution». En fait ils ne sont que 1340 travailleurs, c'est-à-dire moins de la moitié, à avoir trouvé une «solution durable»: aussi bien un emploi à plein temps qu'un CDD, une mission intérim de six mois ou un emploi partiel non désiré qui ne permet même pas de toucher le smic! Qui peut donc dire, dans de telles conditions, que cette «situation durable» le sera encore demain? Et par «solution», le préfet entend aussi la mise en préretraite à 54 ans par le plan amiante: de nombreux travailleurs jetés comme des Kleenex, mais qui risquent en plus une mort prématurée.

Par ailleurs 82 millions d'euros ont été consacrés à la redynamisation économique et à la création d'emplois. Le comité de suivi annonce la création effective de 1199 emplois (630 dans l'Orne, 505 dans le Calvados et 64 dans la Manche) et estime qu'il y en aura 4351 d'ici trois ans. Non seulement on est loin du compte mais en fait il s'agit là d'un moyen de reverser l'argent public aux patrons qui, de toute façon, auraient embauché. Ainsi à Saint-Lô la société Softway (cartes à puce) se dote d'une nouvelle usine avec des «aides Moulinex» s'élevant à 3,7 millions, dont près de la moitié vient du département de la Manche.

Le préfet est content, tout comme les actionnaires de Moulinex et ceux de Seb. Quant aux salariés...

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