Grande distribution : Quand Leclerc et Raffarin font leur pub24/02/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/02/une1908.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Grande distribution : Quand Leclerc et Raffarin font leur pub

Des «images de violence, de brutalité, de matraque» affichées sur les panneaux publicitaires ont, paraît-il, choqué Raffarin. Il ne s'agit pas d'affiches de films noirs, mais... de la campagne d'affichage des magasins Leclerc. Copiées sur des affiches de Mai 68, elles proclament par exemple: «Il est interdit d'interdire de vendre moins cher» ou encore «La hausse des prix oppresse votre pouvoir d'achat».

Qu'on ne se méprenne pas. Leclerc le dit lui-même: «Personne ne va me soupçonner de velléités anarchistes, ni croire que je suis un ancien trotskiste». Et surtout pas les cinq caissières du centre Leclerc de Tonnerre dans l'Yonne qui, en octobre 2004, ont été licenciées pour avoir utilisé des bons d'achat laissés par la clientèle...

Cette campagne n'est que la suite de celle que Leclerc, appuyé par Sarkozy quand il était ministre des Finances, mène depuis des mois pour l'abrogation de la loi Galland. Votée en 1996 par la droite, cette loi interdit aux grandes surfaces de revendre un produit à un prix inférieur au prix d'achat, fixant ainsi un «prix minimum». Leclerc s'en prend à cette loi, car elle l'empêcherait de baisser les prix de produits qu'il serait prêt à «vendre à perte», pour relancer la consommation. En fait il voudrait, en ayant les coudées franches pour fixer certains prix, pouvoir déclencher une guerre des tarifs dont feraient peut-être les frais d'autres grandes surfaces, et sûrement les petits commerçants et les agriculteurs contraints de revoir leurs prix à la baisse pour s'aligner.

Raffarin, en désaccord avec Leclerc sur l'abrogation de la loi Galland -car il sait que petits commerçants et agriculteurs sont aussi... des électeurs-, a déclaré que, «s'il y en a qui veulent la baisse des prix, ils n'ont qu'à mettre l'argent qu'ils mettent dans la publicité dans la baisse des prix», ou encore qu'il ne pense pas que «les grandes surfaces soient l'avenir du commerce».

Entre les publicités démagogiques et faussement populaires d'un Leclerc et les raffarinades aux arrière-pensées électorales d'un Premier ministre, le grand absent, ce sont les intérêts des consommateurs. Face à la hausse des prix, il n'y a qu'un moyen sûr: augmenter les salaires, et au moins au même rythme!

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