Lycées de Seine-Saint-Denis : Un fichage que tous doivent refuser09/02/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/02/une1906.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Lycées de Seine-Saint-Denis : Un fichage que tous doivent refuser

Début février, des manifestations de lycéens sans papiers, qui réclament de pouvoir poursuivre leurs études en France, ont eu lieu devant plusieurs préfectures, rectorats ou inspections académiques.

Que la presse s'en soit fait l'écho n'a pas laissé indifférent le recteur de l'Académie de Créteil qui, dès le 2 février, envoyait ce courrier aux proviseurs des lycées et lycées professionnels de Seine-Saint-Denis: «Suite à un article paru ce jour faisant état en Seine-Saint-Denis, selon l'information du Parisien, de plusieurs centaines de jeunes considérés comme des sans-papiers scolarisés, je souhaite par retour de courrier, ce jour et par fax, que vous m'indiquiez la situation exacte dans votre lycée.»

Les élèves sans papiers doivent effectivement être nombreux en Seine-Saint-Denis, surtout depuis la loi Sarkozy du 26 novembre 2003 qui a rendu plus difficile la régularisation. Certains peuvent être eux-mêmes enfants de sans-papiers et, de ce fait, sans possibilité de régulariser leur situation. D'autres sont venus parce que les parents, subissant toutes les tracasseries qu'occasionne une demande de regroupement familial, ont fait venir leurs enfants sans attendre l'aboutissement de la procédure. D'autres, ayant au moins un parent français, ont eu le malheur de naître à l'étranger et de ce fait doivent posséder un titre de séjour à renouveler constamment, dans les temps voulus. Il y a aussi les mineurs étrangers isolés, que leur famille a poussés à s'expatrier pour fuir une guerre, ou dans l'espoir qu'ils suivent des études et aient une vie meilleure. Depuis la loi de novembre 2003, ces mineurs doivent attester de trois ans de prise en charge par l'Aide sociale à l'enfance pour pouvoir rester en France à leur majorité (c'est-à-dire qu'ils doivent être arrivés avant leurs quinze ans).

Régulièrement, ces dernières années, des élèves se retrouvent donc sous la menace d'une expulsion, qui n'est empêchée que parce les autres élèves et le personnel des établissements scolaires se mobilisent. Aussi, quand le recteur déclare vouloir les noms des jeunes sans papiers dans le but de les aider, il y a de quoi être méfiant, surtout dans le contexte actuel, où les expulsions de sans-papiers se multiplient. On se rappelle aussi comment, lorsque le gouvernement Jospin avait annoncé la régularisation d'une partie des sans-papiers, beaucoup s'étaient fait piéger en donnant leur nom. Dans les établissements où le personnel des lycées ou lycées professionnels a eu connaissance de cette demande, il a fait pression sur l'administration en lui demandant, et à juste titre, de refuser de communiquer les noms des élèves.

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