Belgique : Tiraillements dans les appareils syndicaux09/02/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/02/une1906.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Belgique : Tiraillements dans les appareils syndicaux

Après des semaines de négociations émaillées de scènes de rupture, les négociateurs des trois syndicats belges francophones, FGTB (socialiste), CSC (chrétien), CGSLB (libéraux), et leurs homologues flamands avaient fini par signer avec les représentants du patronat un projet d'accord interprofessionnel pour les deux ans à venir. Ce projet aurait dû être entériné par les différentes instances syndicales mais, pour la première fois, il ne l'a pas été! La majorité des centrales de la FGTB et de fortes minorités de la CSC l'ont refusé, aussi bien en Wallonie qu'en Flandre. Même la CGSLB ne l'a accepté qu'en le critiquant.

Depuis les années 1980, ces accords ne sont qu'une longue série de concessions au patronat.

Notamment, ce dernier «accord» prévoit une augmentation salariale de 4,5% sur deux ans, autant dire une baisse des salaires. La limite annuelle des heures supplémentaires passerait à 135 heures, contre 65 actuellement. Le gouvernement, pour «aider les partenaires sociaux à conclure un accord difficile», a promis 252 millions d'euros de baisses d'impôts et de charges sociales sur le travail de nuit et les heures supplémentaires, au profit du patronat. De fait, ce texte retourne aux 40 heures, la flexibilité en plus, le tout subventionné par le gouvernement sur le dos de la Sécurité sociale.

Le patronat pouvait triompher: c'est «un accord historique», ont trompetté ses représentants. Du côté des syndicats, le problème était de faire avaler aux militants des concessions particulièrement scandaleuses, à une époque où les profits se portent très bien.

Bien que toutes les précautions soient prises pour que l'avis des militants de base ne soit représenté que de façon très diluée dans les instances de décision des centrales, la FGTB l'a rejeté à 52%. À la CSC, 75% l'auraient approuvé, mais d'importantes centrales flamandes l'ont refusé et les dirigeants du syndicat se sont empressés de déclarer qu'ils ne signeraient pas sans la FGTB; ce qui n'empêchera sans doute pas le gouvernement, où les Partis Socialistes siègent à côté des libéraux, d'appliquer telle quelle cette nouvelle régression.

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