Nouveaux missiles : Tête chercheuse... de profits20/01/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/01/une1903.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Nouveaux missiles : Tête chercheuse... de profits

Mardi 11 janvier Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, était en visite à Brest pour annoncer aux amiraux que leur cadeau de Noël était arrivé: les «vieux» missiles nucléaires M45, d'une portée de 4500 km, vont être remplacés par les M 51, d'une portée de 6000 km et d'une plus grande précision. Celle-ci est importante parce qu'elle permettrait, d'après la ministre, d'éviter des «dégâts collatéraux». Il faut vraiment être ministre, amiral ou marchand de canons pour parler avec une telle insouciance des «dégâts collatéraux» causés par un bombardement, nucléaire qui plus est.

Ce nouvel arsenal va coûter la modique somme de huit milliards d'euros, dont trois pour le seul groupe EADS, constructeur du lanceur. Il faut y ajouter 52 millions de travaux pour permettre à la base de sous-marins de monter, de transporter et de conserver ces missiles qui pèsent 36 tonnes pièce, et 337 millions pour la maintenance des sous-marins qui embarqueront les missiles.

C'est ce genre de dépenses qui fait que le budget militaire, 32,92 milliards d'euros prévus pour 2005, est le premier budget de l'État en matière d'investissements nouveaux, c'est-à-dire d'achat de nouveaux matériels. Ces achats se répartissent essentiellement entre trois grandes sociétés: EADS, Dassault (3 milliards de commandes d'avions en décembre dernier) et Thalès, qui vient de constituer une société jointe avec les chantiers navals d'État pour construire un nouveau porte-avions nucléaire.

Sur ces dépenses énormes et sur les énormes profits des marchands de canons, il n'est pas question de faire des économies. Il y va du «prestige de la France»... et de la santé de ses capitalistes.

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