Certificat d’hébergement : Les lois de l’hospitalité rétrécissent13/01/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/01/une1902.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Certificat d’hébergement : Les lois de l’hospitalité rétrécissent

Le gouvernement souhaite rendre plus difficile le séjour gratuit, en famille ou chez des amis, d'étrangers n'appartenant pas à des pays de la Communauté européenne. Pour leur délivrer un visa, les consulats de France leur demandent un certificat d'hébergement, délivré en France par la mairie. Or une circulaire du ministère de l'Intérieur, en application de la loi Sarkozy sur l'immigration, a durci encore les conditions à remplir, à partir du 1er janvier 2005, pour obtenir ce certificat.

Jusqu'ici, la personne qui se proposait d'accueillir un étranger devait simplement préciser son identité, son adresse, le nombre de personnes accueillies et la durée de leur séjour. Il faudra désormais justifier d'une surface minimum de 14m² par personne présente dans l'appartement (les enfants comptant comme les adultes), d'équipements spécifiés, pour les sanitaires aussi bien que pour le chauffage et la cuisine. Dans ces conditions-là, bien des familles françaises n'auraient pas le droit d'accueillir chez elles un cousin de province!

Les maires sont tenus de vérifier tout cela, avant de délivrer le certificat. C'est ce que leur imposaient déjà les lois Pasqua, avant que le gouvernement Jospin n'abroge ces dispositions.

Dans le 14e arrondissement de Paris, on a même exigé des premiers demandeurs la présentation de trois fiches de paye, soi-disant pour vérifier qu'ils sont bien capables de subvenir aux besoins de leurs hôtes.

Et les exigences ne se limitent pas à celui qui accueille. La personne hébergée doit, en plus du visa (30 à 50 euros, selon le pays d'origine), payer 15 euros de timbre fiscal pour l'Office des migrations internationales et souscrire une assurance médicale et hospitalière, avec une garantie minimum de 30000 euros. Cette assurance coûte plus de 30 euros pour une semaine, plus de 100 euros pour deux à trois mois.

Ces conditions ne poseront guère de problèmes aux plus riches. Les seuls à être pénalisés seront les milieux populaires, en particulier les immigrés voulant accueillir des membres de leur famille.

Une étude avait montré qu'à Paris, après l'entrée en vigueur des lois Pasqua, un quart seulement des demandes de certificat d'hébergement étaient acceptées, contre 85% auparavant. Voilà ce que voudrait renouveler la droite au gouvernement, en pire.

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