SNCF : Après l'accord sur "la prévention des conflits", la droite et le gouvernement en veulent plus03/11/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/11/une1892.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Après l'accord sur "la prévention des conflits", la droite et le gouvernement en veulent plus

Quelle que soit la façon dont la fédération CGT des cheminots tente de justifier l'accord qu'elle a signéle 29 octobre dernier avec la direction de la SNCF sur "l'amélioration du dialogue social et la prévention des conflits à la SNCF", sa signature apporte la caution de l'organisation syndicale la plus influente à une opération politique de la direction de la SNCF et du gouvernement dirigée contre les travailleurs.

Contre les travailleurs de la SNCF, en premier lieu, mais plus largement contre l'ensemble des salariés de la fonction publique et même contre toute la classe ouvrière de ce pays. Cet accord est une mesure visant à rogner le droit de grève, à rendre plus difficile de se défendre, à contenter les patrons et la fraction la plus réactionnaire de l'opinion.

La satisfaction affichée par le gouvernement et les élus de droite, au lendemain de la signature de l'accord par la CGT, montre qu'ils estiment avoir réussi un bon coup. Le ministre des Transports, Gilles de Robien, qualifiait l'accord d'"historique et prometteur". De son côté, Raffarin se félicitait que "le dialogue social se montre fertile". Fertile et prometteur, pour qui? Dans le même temps, l'un et l'autre ajoutaient que ce n'était qu'un premier pas, "une bonne première étape" déclarait Pierre Méhaignerie, l'un des dirigeants de l'UMP, mais qu'il fallait aller plus loin.

Contrairement à ce que laissaient entendre les organisations syndicales pour justifier leur signature, l'idée d'une loi sur le service minimum n'est pas écartée. Au contraire, Raffarin a précisé que le vote d'une loi ne deviendrait inutile que "si les autres entreprises devaient suivre l'exemple de la SNCF". Et son ministre des Transports a complété en déclarant qu'il restait encore deux problèmes à résoudre, sur lesquels il fallait que direction et syndicats continuent à travailler: "la prévisibilité des conflits et l'amélioration du service public en cas de grève". Autant dire que la satisfaction de la direction de la CGT n'est pas justifiée, qui explique que le texte "donne des moyens et des points d'appui supplémentaires aux élus du personnel et aux organisations syndicales pour mener un dialogue social efficace". Le gouvernement lui dit en substance: "Vous avez fait un pas. J'attends le second". Tout juste s'il ne dit pas: "Maintenant, à plat ventre"!

Après avoir signé un engagement au "dialogue" avec la direction SNCF, la fédération CGT des cheminots aura du mal à convaincre lorsqu'elle menace "d'une phase conflictuelle", si le gouvernement propose une loi sur le service minimum. Donner un coup d'arrêt aux menées du gouvernement qui voudrait remiser le droit de grève au placard est une nécessité. Mais l'attitude des directions syndicales montre que, pour défendre leurs droits et en conquérir d'autres, les travailleurs ne devront pas compter sur ces prétendus représentants.

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