Le contrôle des subventions aux entreprises : Paroles... paroles03/11/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/11/une1892.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le contrôle des subventions aux entreprises : Paroles... paroles

La région Île-de-France et son président socialiste Huchon se disent décidés à prendre à bras le corps le problème du chômage et à contrôler les subventions distribuées aux entreprises. Dorénavant, déclarent-ils, si l'argent public doit bien continuer à remplir les coffres des entreprises, ce ne peut être que pour défendre l'emploi et le développer.

Pour le vice-président de la Région chargé du développement économique et de l'emploi, Daniel Brunel, élu du PCF, il s'agit "d'être rigoureux" dans l'utilisation des fonds publics. C'est donc dire que jusqu'ici cette rigueur n'existait pas. En premier lieu, dit-il, les aides publiques affectées à des entreprises ne le seront que contre "une garantie absolue que cela serve bien à l'emploi"; de même, il serait souhaitable "de placer sous surveillance citoyenne les entreprises menacées de délocalisation" car "la bonne santé de l'économie passe par la création d'emplois mais aussi par la sauvegarde des emplois existants". Encore faudrait-il préciser les moyens d'une telle surveillance et les moyens que se donne le Conseil régional pour récupérer l'argent public s'il ne sert pas à conserver les emplois! Sur cette question, il n'y a que des déclarations d'autant plus vigoureuses qu'elles restent creuses.

Aujourd'hui, ce sont surtout les subventions au patronat qui continuent de pleuvoir. Par exemple, après avoir rendu visite au mois de juin dernier à 206 salariés de SKF frappés par un plan de licenciements, Jean-Paul Huchon a accordé 450000 euros à la direction de SKF "au titre de revitalisation du site" de Seine-et-Marne, pour permettre de recréer 200 emplois en deux ans. Le montant de la subvention est clair. Les garanties prises vis-à-vis de SKF pour que la subvention serve à l'emploi restent floues, pour ne pas dire inexistantes. En fait, SKF va encaisser l'argent, puis dans deux ans on verra.

Pour d'autres, c'est encore plus simple et moins contraignant, si l'on peut dire. Il a suffi à l'entreprise d'armements EADS d'évoquer une possible délocalisation de son site de recherche des Yvelines vers une autre région pour obtenir un million d'euros. Une autre société, Facom, qui vient de licencier 248 travailleurs, se voit gratifiée de 45000 euros pour financer une étude permettant de vérifier la viabilité d'un projet de reprise de l'activité de l'entreprise proposée par d'anciens salariés. Les fonds publics de la Région vont donc continuer d'irriguer le patronat sans contrôle ni contreparties réels.

Si les 21 Conseils régionaux présidés par les socialistes parlent maintenant -et après combien de scandales!- de contrôler les subventions versées aux entreprises, le discours est à la mode, mais c'est tout. Quant aux moyens qu'il faudrait mettre en oeuvre, avec les travailleurs des entreprises concernées et la population, pour contrôler l'usage des subventions versées, il n'en est pas question. En Île-de-France, Daniel Brunel prétend qu'il ne saurait être "un gentil accompagnateur de plans sociaux". Mais que fait-il d'autre?

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