Impôts : Les pauvres payent pour les plus riches03/11/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/11/une1892.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Impôts : Les pauvres payent pour les plus riches

Une récente étude faite par le Cepap, un collectif regroupant des universitaires et des économistes des secteurs public et privé, vient de confirmer que, loin des promesses du candidat Chirac, les impôts ont fortement augmenté pour les ménages depuis 2002.

Si on additionne la réduction de l'impôt sur le revenu, la prime pour l'emploi, les abattements liés à l'emploi de personnes à domicile, sur les droits de succession, etc., les baisses des prélèvements s'élèveront à un total de 9 milliards d'euros pour la période 2002-2005. En revanche, d'autres prélèvements auront connu une forte augmentation, notamment les impôts locaux, les cotisations sociales liées à la réforme de l'assurance-maladie ainsi que les cotisations pour le chômage. Le montant global de ces hausses représente 10,5 milliards. Sur cette période, les prélèvements faits sur les ménages auront donc, en fait, augmenté globalement de 1,5 milliard.

Mais cette augmentation des prélèvements obligatoires pèse essentiellement sur les ménages les plus modestes, puisque les baisses d'impôt (révision des barèmes de l'impôt sur le revenu, abattement pour l'emploi d'une bonne ou d'un jardinier) et de taxes (droits de succession, ISF...) décidées par le gouvernement profitent plus aux foyers aisés qu'aux familles d'ouvriers ou aux chômeurs. Les plus riches, tout en subissant aussi l'augmentation des impôts locaux, verront même leur imposition globale diminuer encore en valeur absolue.

L'étude du Cepap vient également confirmer ce que l'on savait déjà, à savoir que le bilan des réformes est largement favorable pour les entreprises. Si les prélèvements obligatoires qu'elles supportent ont globalement augmenté de 2,5 milliards, les réductions d'impôt sur les bénéfices des sociétés, la réforme de la taxe d'apprentissage, les allégements de charges et les divers crédits d'impôt accordés aux entreprises leur auront permis d'alléger leur facture fiscale de 8,6 milliards entre 2002 et 2005. Soit un gain net de 6,1 milliards d'euros en trois ans.

Finalement, ce bilan ne fait que souligner les choix du trio Chirac-Raffarin-Sarkozy: faire payer aux foyers les plus modestes les cadeaux accordés aux riches et aux entreprises.

Partager