La Redoute - Wattrelos (Nord) : Un licenciement qui ne passe pas23/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1886.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Redoute - Wattrelos (Nord) : Un licenciement qui ne passe pas

Jeudi 9 septembre, à l'établissement de La Redoute de La Martinoire, à Wattrelos près de Lille, la direction a accusé de faute lourde une de nos collègues en reclassement pour maladie grave, et l'a fait reconduire à la porte, en mise à pied immédiate, encadrée de deux agents de maîtrise, une heure avant la fin de sa journée.

Le motif est ridicule: des étiquettes des articles commandés -des papillons- auraient été retrouvées déchirées dans la poubelle près du poste de notre collègue et, selon la direction, un témoin l'aurait même entendu dire qu'elle en avait assez et l'aurait vue les arracher.

Catherine a 38 ans. Elle est depuis vingt-deux ans au ramassage, un des secteurs les plus durs de l'entreprise, où l'on court toute la journée en poussant une lourde charrette pour collecter les articles. Elle approvisionnait, ce qui lui faisait soulever et ranger dans les rayonnages entre 200 et 300 boîtes par jour, chacune de 15 à 20 kg.

Déclarée inapte par le médecin du travail, elle était en reclassement depuis plus de trois ans. La direction a tout tenté pour la dégoûter, sans y réussir. Depuis quelques semaines, elle organisait le travail d'un groupe de ramasseuses, un poste beaucoup moins fatigant, qui lui convenait. Elle devait avoir son entretien pour reclassement le 27 septembre. Mais visiblement la direction ne voulait pas la garder, ce qui explique cette sanction disproportionnée. À une journaliste de Libération, la direction s'est déclarée ennuyée: "Non, ce n'est pas du sabotage, le mot est un peu fort... S'il y a un incident, ça génère de la non-qualité." La Redoute voudrait donc licencier notre collègue pour faute lourde parce qu'elle "aurait généré de la non-qualité"!

Ayant été sur les listes CGT, elle bénéficiait d'une protection jusqu'au 18 septembre et la direction devra demander l'autorisation de la licencier au Comité d'entreprise et à l'inspection du travail.

Dans son secteur, l'émotion et la colère sont fortes. Dès le lendemain, un débrayage de tous ses collègues s'organisait. Lundi 13 septembre, à l'appel de la CGT, SUD et FO, plus de 200 personnes ont débrayé pendant plus d'une heure, en criant: "Catherine doit être réintégrée" et "Tous ensemble pour la réintégration". Nous étions aussi nombreuses jeudi 16 septembre, le jour de l'entretien de licenciement.

Selon les syndicats, le nombre des licenciements individuels d'embauchées ayant beaucoup d'ancienneté ne cesse de croître: en 2003, 204 salariés sur 5700.

Une pétition contre le licenciement de Catherine circule. Elle a déjà recueilli plus de 1300 signatures, et on continue. Mardi 21 septembre, le secteur de Catherine a de nouveau débrayé pour demander qu'elle revienne, d'autant plus qu'on a retrouvé des papillons dans la poubelle, comme quasiment tous les jours! Mais là, d'après les chefs, ça n'aurait pas d'importance! Non, décidément, c'est trop gros et ça ne passe pas!

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