Haïti : Des populations victimes des cyclones, et surtout de la misère23/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1886.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Haïti : Des populations victimes des cyclones, et surtout de la misère

Plus de 700 morts, tel est le bilan provisoire officiel des ravages causés par le passage de la tempête tropicale Jeanne sur Haïti. Vents, crues et inondations ont surtout frappé les départements du nord et du nord-ouest, Les Gonaïves (la troisième ville du pays) ainsi que l'île de la Tortue.

Ce bilan ne peut que s'alourdir car, dans ce pays privé de routes et de moyens de communication, où les services de secours et de santé sont quasi inexistants, bien des localités sinistrées restent inaccessibles. Les victimes n'ont donc pu y être dénombrées.

Si les phénomènes cycloniques sont fréquents et récurrents dans cette région des Caraïbes, force est de constater qu'ils n'ont pas les mêmes conséquences selon les pays qu'ils affectent. Ainsi, alors qu'on a recensé moins d'une trentaine de morts après le passage d'Ivan, cyclone d'une intensité pourtant beaucoup plus importante que Jeanne, sur les régions côtières américaines, le nombre des victimes en Haïti est vingt fois, voire cent fois plus important.

On ne saurait s'en étonner, étant donné l'effroyable pauvreté dans laquelle survivent les populations haïtiennes. La fragilité des constructions dans les bidonvilles, les populations qui, trop pauvres pour payer un loyer, s'installent dans le lit des rivières, l'absence de réseaux d'assainissement et d'écoulement, des routes que chaque averse transforme en torrents de boue menaçants, un appareil d'État incapable d'anticiper et d'alerter les populations en cas de danger, une multitude de facteurs convergent pour que les aléas du climat débouchent chaque fois sur un drame. En juin dernier, d'ailleurs, des pluies torrentielles avaient déclenché des torrents de boue et dévasté toute une région, faisant plusieurs milliers de morts.

Après le passage de Jeanne, l'ampleur de la catastrophe est d'autant moins mesurable qu'elle ne se limitera pas au nombre des victimes directes des vents violents ou des inondations. Dans ce pays qui est l'un des plus pauvres de la planète, les conséquences de cette tempête tropicale ne peuvent que s'aggraver dans les semaines à venir, du fait de la lenteur des secours, des risques d'épidémies, du manque d'eau potable, des problèmes d'alimentation et du manque d'infrastructures sanitaires.

En fait, les populations haïtiennes sont bien plus victimes du sous-développement de leur pays que des phénomènes climatiques. Quant aux responsables de cette situation, ils ont pour nom l'impérialisme américain et l'impérialisme français car, de l'exploitation coloniale et esclavagiste à l'exploitation des trusts d'aujourd'hui, ces grandes puissances n'ont cessé de pomper les richesses d'Haïti, ne laissant derrière elles qu'un pays exsangue ainsi que des populations misérables et démunies.

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