EDF et pauvreté : Empêchons les coupures de courant pour impayés!23/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1886.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

EDF et pauvreté : Empêchons les coupures de courant pour impayés!

Suite à l'incendie qui avait fait deux victimes à Saint-Denis en août dernier, une manifestation a été organisée, le 16 septembre, par les syndicats d'EDF et les associations luttant contre les coupures de courant, devant le centre EDF d'Asnières, pour exiger de la direction d'EDF l'arrêt des coupures de courant, lorsque l'usager n'est pas à jour des paiements sur sa facture d'électricité.

Ce jour-là, la mairie de Saint-Denis a rendu public un arrêté municipal interdisant ces coupures pour les familles en difficultés économiques et sociales. Cet arrêté rappelle les dangers liés à l'utilisation des moyens de remplacement tels que les bougies et les bouteilles de gaz, pointant ainsi du doigt la responsabilité d'EDF dans l'incendie de Saint-Denis. Il fait référence aussi à "la loi relative aux libertés et responsabilités locales qui donne la faculté d'expérimentation pour l'application des mesures générales". Cette loi de décentralisation, enfantée par Raffarin, avait jusqu'alors été le prétexte pour le gouvernement pour transférer sur les collectivités territoriales un certain nombre de dépenses. Juste retour des choses, cette loi offre aussi l'opportunité aux maires de prendre des décisions visant à empêcher des injustices flagrantes. À condition bien sûr que le gouvernement et ses préfets en acceptent cette interprétation. Ce qui est douteux. Le soir même, la mairie de Stains emboîtait le pas au maire de Saint-Denis et, en fait, une dizaine de communes dirigées par des maires du PCF de Seine-Saint-Denis les imitaient. En mai dernier, ces mêmes maires avaient publié des arrêtés pour s'opposer aux expulsions locatives. Ces arrêtés n'avaient pas eu de suite puisque, le préfet de Seine-Saint-Denis les ayant attaqués en justice, le tribunal lui avait donné raison, déclarant ces arrêtés illégaux. Le présent arrêté va sans doute connaître le même sort.

Même si ces gestes de solidarité des mairies communistes n'ont pas d'effet juridique, ils peuvent être des points d'appui pour les protestations, les mobilisations de tous ceux qui s'opposent à l'aggravation des conditions de vie des plus démunis.

D'ores et déjà l'Apeis -l'association autour de laquelle s'organise la lutte contre les coupures de courant à Saint-Denis, entre autres- reçoit chaque jour plusieurs dizaines d'appels de gens à qui on a coupé l'électricité ou qui vont se la faire couper. Par exemple, une famille avec quatre enfants, dont la fourniture de courant était déjà réduite à 1000 watts, devait être privée d'électricité. Cette famille avait quelques années auparavant échappé à un incendie, alors qu'elle s'éclairait à la bougie, mais l'un des enfants avait été gravement brûlé. Un coup de fil des membres de l'Apeis à la direction d'EDF a suffi pour que celle-ci rétablisse le courant.

Jusqu'à présent, toutes les interventions de l'association ont été couronnées de succès. La direction d'EDF se montre en effet beaucoup plus prudente lorsqu'elle a affaire à des gens qui s'organisent. Ces petits succès sont un encouragement pour ceux qui agissent contre des décisions iniques.

Partager