Sediver - Saint-Yorre (Allier) : La fermeture ne passe pas16/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1885.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Sediver - Saint-Yorre (Allier) : La fermeture ne passe pas

Samedi 11 septembre, les syndicats ont appelé les salariés de Sediver, dont le patron vient de confirmer la fermeture du site de Saint-Yorre, et les travailleurs du bassin vichyssois à une manifestation dans les rues de Vichy.

Un millier de travailleurs accompagnés de leur famille sont venus protester contre les licenciements, les fermetures d'entreprises qui s'accumulent depuis des mois dans les communes industrielles de la banlieue de la ville.

Ainsi l'usine de Polyflex, à Saint-Germain-des-Fossés, qui produisait des flacons plastiques pour les cosmétiques, a fermé il y a quelques mois laissant la plupart des 50 salariés sans travail; Granger Bouguet Pau, à Saint-Yorre, spécialisé dans la préparation de fruits pour l'industrie laitière, a renvoyé 34 des 90 salariés de l'entreprise. Quant à Manurhin à Cusset, filiale de Giat qui produit des munitions, ses 380 salariés sont confrontés depuis fin 2003 à la fermeture programmée pour 2005. D'autres salariés redoutent les licenciements sous prétexte de délocalisation, comme à Sermeto dans la métallurgie, ou même la fermeture totale de leur centre comme les 79 salariés de Goninet-Prodirest, filiale de Carrefour chargée de la distribution des marchandises.

Quant à Sediver à Saint-Yorre, cette usine de 294 salariés produit essentiellement des isolateurs électriques. Le groupe italien Vetroarredo, propriétaire de l'entreprise depuis deux ans, cherche maintenant à s'en débarrasser. L'usine ne serait pas viable, les coûts de production trop élevés, etc., on connaît la rengaine. Tout va très bien pourtant pour ce groupe qui a monté une usine en Chine, où un important programme d'électrification du pays est prévu, mais le site saint-yorrais ne pèse pas lourd aux yeux des actionnaires.

Début février, Vetroarredo avait annoncé sa décision de fermer l'usine dès le mois de mai. Les actions juridiques et les réactions des salariés ont repoussé l'échéance. Cet été, il y a eu plusieurs rebondissements dont la presse s'est fait l'écho. Les syndicats et le cabinet d'experts auquel ils ont fait appel avaient trouvé un repreneur, mais la direction n'a pas voulu en entendre parler pour ne pas céder son usine à un concurrent.

Le 10 août, le PDG de Vetroarredo, Luciano Zottola, envoyait une lettre à chacun des salariés pour leur proposer le chantage suivant: l'usine ne ferme pas, il garde la moitié du personnel, se contentant de "seulement 150 licenciements", à condition que ceux qui restent acceptent une baisse de 25 à 30% de leur salaire et que les pouvoirs publics allongent 6 millions d'euros. Les salariés et les syndicats ont refusé un tel chantage. De toute façon, personne n'a eu à se prononcer, la direction n'ayant plus évoqué cette proposition. Lors du Comité central d'entreprise (CCE) du 1er septembre, elle confirmait la fermeture totale et la mise en oeuvre du plan social pour le CCE du 14 septembre.

Outre les manifestations, les syndicats multiplient les démarches en direction des élus, du préfet et même de Sarkozy qui a fait plusieurs visites à Vichy, afin que tous fassent pression sur Vetroarredo pour qu'il vende au repreneur. Mais la seule chose qu'ait faite Sarkozy pour le moment a été de signer un contrat de site de 32 millions d'euros pour la région de Vichy, offrant ainsi des subventions supplémentaires aux patrons qui viendraient s'y installer. Il a également évoqué l'installation d'un centre de contact et de gestion de la clientèle qui offrirait 200 emplois: pour des ouvriers qualifiés de la verrerie, cela laisse rêveur et, surtout, ça ne fait pas le compte face au nombre de licenciements, plus d'un millier.

Les travailleurs, exaspérés après ces huit mois d'incertitude, ont ressenti comme une provocation supplémentaire le refus de la direction locale de transmettre les informations nécessaires au cabinet d'experts pour préparer le CCE du 14 septembre. Ils se sont massés dans les locaux de la direction, empêchant le directeur de l'usine et le directeur des ressources humaines de sortir, à deux reprises. Ces personnages arrogants, notamment le directeur des ressources humaines, arrivé à Sediver en février pour fermer l'usine après s'être occupé du "départ" des 34 salariés remerciés de l'entreprise Granger Bouguet Pau de Saint-Yorre, en étaient blêmes, et cela faisait plaisir à voir. Il va falloir continuer dans cette voie.

Partager