Quand l'Humanité a mauvaise mémoire16/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1885.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Quand l'Humanité a mauvaise mémoire

"Voilà vingt ans déjà que les salaires en France sont au régime sec, qu'ils subissent la pression d'un chômage de masse et les effets de la politique dite de "modération". Les pouvoirs publics en 1982 avaient donné le "la" en décidant de désindexer les salaires des prix. Les patrons ont suivi". Voilà ce qu'on peut lire dans un article du journal l'Humanité daté du 9 septembre et intitulé "Opération vérité sur les salaires".

Curieuse façon de traiter la "vérité", car si l'Humanité a raison de rappeler que les attaques sur les salaires ont commencé il y a une vingtaine d'années, le quotidien qui n'est peut-être plus l'organe du Parti Communiste mais défend tout de même encore sa politique, oublie seulement de préciser qui se cache derrière le vocable de "pouvoirs publics".

Le gouvernement du socialiste Mauroy qui a décidé le blocage des salaires en 1982 était un gouvernement d'Union de la gauche auquel le Parti Communiste participait. Pendant trois ans, de 1981 à 1984, le PCF a ainsi cautionné les mesures antiouvrières de Mauroy, et pas seulement le blocage des salaires, mais aussi la "restructuration" de la sidérurgie qui s'est faite en licenciant des milliers d'ouvriers sidérurgistes. Il est resté solidaire du gouvernement socialiste alors même que son Premier ministre traitait la grève des travailleurs de l'automobile, qui était une grève pour des augmentations de salaires, de "grève des ayatollahs" sous prétexte que les travailleurs marocains étaient nombreux à y participer.

Les "pouvoirs publics" ont bon dos. Mieux vaudrait appeler les choses par leur nom, même s'il est désagréable aux responsables de l'Humanité de rappeler cet épisode aux militants et sympathisants du PCF. Ce serait pourtant la moindre des choses que les dirigeants du Parti Communiste, qui se présentent aujourd'hui comme des critiques de la politique du Parti Socialiste, s'engagent, devant les travailleurs, à ne plus cautionner à l'avenir de telles attaques contre le monde du travail.

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