Services publics : Le droit de grève de nouveau visé09/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1884.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Services publics : Le droit de grève de nouveau visé

De Robien, le ministre des Transports, relance à nouveau le débat sur le "service minimum" dans les services publics qu'il n'ose pas appeler ainsi, car, dit-il, "il faut éviter les mots qui fâchent". Il préfère parler pour désigner la chose de "continuité de service public". C'est la nouvelle méthode du gouvernement: choisir des mots moins rugueux, sans changer la brutalité des décisions. Mais cette continuité du service public est-elle assurée quand les gouvernements décident de supprimer des lignes de chemin de fer et des emplois ou, comme il est annoncé, de supprimer des bureaux de poste dans les zones rurales?

Quant à accuser les grévistes de prendre les usagers en otages, est-il besoin de rappeler que les travailleurs ne se mettent jamais en grève de gaîté de coeur et sans raisons sérieuses, parce que la grève a un coût en premier lieu pour eux. Ils décident la grève en réponse à des choix et à des décisions de leurs patrons ou de l'État. En fait ce sont eux qui sont les otages permanents des patrons et des directions, qui disposent à leur égard d'un pouvoir quasi discrétionnaire.

De plus, lorsque les salariés des services publics décident de se mettre en grève contre la dégradation de leurs conditions de travail, contre les réductions de leurs effectifs, ils défendent du même coup le service rendu aux usagers, qui est en permanence remis en cause non par eux, mais par le gouvernement.

Ce gouvernement, comme le grand patronat, se croit tout permis. Les patrons, petits et grands, foulent déjà aux pieds la législation sociale. Au lieu de faire respecter les rares lois qui protègent les travailleurs, le gouvernement les modifie pour soutenir le patronat. Celui-ci pousse une fraction croissante des travailleurs vers les bas salaires, l'insécurité et le chômage. Et quand le gouvernement parle de négociations, le jeu est truqué.

Mais qu'ils se méfient des retours de bâton car ce n'est pas la limitation du droit de grève qui les protégera lorsque la colère éclatera sous forme d'une grève sauvage.

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