Irak : Otages de leurs ravisseurs... et des armées d'occupation09/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1884.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Irak : Otages de leurs ravisseurs... et des armées d'occupation

La recrudescence des opérations militaires américaines tombe plutôt mal pour les négociations en cours en vue de la libération des deux journalistes français et de leur chauffeur syrien, kidnappés par un groupe islamiste irakien dans la dernière semaine d'août. En particulier, le fait que les généraux américains aient choisi de lancer une offensive en plein dans le secteur où ces otages sont présumés détenus ne peut que compliquer les négociations.

Les dirigeants américains n'ont sûrement pas apprécié le fait que le gouvernement français les court-circuite dans ses tentatives pour faire libérer les otages, en faisant jouer les bonnes relations et la bonne image que la France a pu conserver dans les pays arabes, en Egypte et en Jordanie en particulier, du fait de son refus de participer militairement à la guerre en Irak aux côtés des États-Unis.

Sans doute, rien ne permet d'affirmer que l'offensive contre Latifiya soit une mesure de rétorsion américaine contre les tentatives de Chirac d'agir indépendamment de Washington en Irak ni qu'elle constitue une tentative des dirigeants américains de battre de vitesse le gouvernement français en libérant eux-mêmes les otages (quitte à "libérer" des cadavres) ni même qu'elle soit liée à l'affaire des otages français. Mais cette offensive illustre néanmoins le mépris des dirigeants américains pour le sort des otages dont ils se prétendent si préoccupés.

Les prises d'otages parmi les occidentaux présents en Irak, qui sont souvent de simples chauffeurs de camion, des journalistes ou des volontaires humanitaires, sont une méthode odieuse, qui ne peut en aucune façon servir les intérêts du peuple irakien face à l'occupation militaire américaine. Mais, par ailleurs, chaque nouvelle victime irakienne tombée sous les bombes américaines aggrave les menaces qui pèsent sur la vie de tous les otages détenus en Irak, qu'il s'agisse de journalistes français ou d'autres nationalités, de volontaires d'organismes humanitaires ou d'obscurs salariés d'entreprises sous-traitantes.

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