Borloo et le chômage : Tracasseries accrues pour les chômeurs23/07/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/07/une1877.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Borloo et le chômage : Tracasseries accrues pour les chômeurs

Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, en clair ministre chargé de se pencher sur les plaies de la fracture sociale qui préoccupa jadis Jacques Chirac durant quelques mois d'une campagne électorale, n'entendait pas se contenter de demeurer dans un rôle modeste. Une nouvelle loi au nom ambitieux de "programmation pour la cohésion sociale" a donc été mise en chantier par ses soins. Deux premières moutures ont déjà été présentées au début du mois de juillet, ne réservant pas beaucoup de surprises.

Comme ses autres collègues du gouvernement, Borloo s'en prend à l'indemnisation des chômeurs. Il voudrait par exemple qu'au cours d'une période de six mois, les chômeurs soient tenus d'accepter un emploi, même si celui-ci est nettement moins bien rétribué que leur emploi précédent; même si celui-ci les contraint à changer de région. Par ailleurs, les chômeurs dont la période d'inscription aux Assedic dépasserait six mois et qui n'auraient pas fait la preuve de leur bonne volonté à accepter un emploi dans à peu près n'importe quelle condition, se verraient sanctionnés par la suspension, voire l'arrêt définitif du versement de leurs allocations.

Mais brusquement et avant de soumettre son avant-projet au Conseil d'État, parcours obligé avant la présentation finale au Conseil des ministres prévue pour le début septembre, le ministre semble reculer. Il ne serait maintenant plus question de contraindre le demandeur d'emploi d'accepter un salaire plus bas sous peine de radiation.

Plus que d'un recul il s'agit plutôt d'un pas de côté coutumier à ces gouvernants habiles à embrouiller les questions et à ménager un semblant de dialogue social. Mais l'essentiel a été fait. Les chômeurs accusés d'avoir des exigences démesurées ont été une fois de plus montrés du doigt. N'est-ce pas là ce que veut le gouvernement avant d'asséner ses mesures néfastes?

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