Amendement «Mer » : Quand la loi les gêne... ils la changent15/07/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/07/une1876.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Amendement «Mer » : Quand la loi les gêne... ils la changent

Mettant à profit la discussion au Sénat du projet de loi transformant le statut d'EDF, le gouvernement a fait adopter un amendement qui supprime la limite d'âge à 65 ans des dirigeants des entreprises détenues par l'État. Cet amendement semble «taillé sur mesure» pour permettre à l'ancien ministre des Finances, Francis Mer, d'être nommé à la tête d'EDF.

Que le gouvernement cherche à recaser ses anciens ministres, que Chirac et les dirigeants de l'UMP n'oublient pas d'attribuer les bonnes places à leurs copains, notamment à la tête des entreprises contrôlées par l'État, c'est une pratique courante de tous les gouvernements, de droite comme de gauche.

Les dirigeants du PS, qui dénoncent un mauvais coup «au détriment du service public», font preuve d'une sacrée dose d'hypocrisie. Tous ces changements de personnel dirigeant se sont faits sur la base de la continuité de la politique. Au point que certains des dirigeants d'entreprises publiques, considérés comme proches de la gauche, sont restés en place sous des gouvernements de droite: c'est le cas de l'actuel dirigeant de la SNCF, Gallois, réputé «homme de gauche», de même que celui de Roussely le PDG d'EDF, qui est resté à son poste depuis que Chirac est au pouvoir. En remontant plus loin dans le temps, on a pu voir Gomez, nommé par la gauche à la tête de Thomson tout juste nationalisé en 1981, et qui après avoir licencié, fermé des usines, est resté à la tête de la même entreprise, privatisée par la droite revenue au pouvoir.

Si Francis Mer devait se retrouver à la tête d'EDF en octobre prochain, date où doit prendre fin le mandat de son actuel président Roussely, ce ne serait certainement pas pour maintenir des missions de «service public». Toute son action dans le précédent gouvernement Raffarin en témoigne, ainsi que les années qu'il a passées auparavant à la direction du groupe sidérurgique Usinor, devenu ensuite Arcelor.

Mais quel que soit le futur dirigeant d'EDF, il mènera une politique visant à rendre l'entreprise attractive pour les futurs actionnaires. Et les travailleurs auront à lui opposer leur mobilisation.

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