Le plan Boorlo : Paroles, paroles ...30/06/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/07/une1874.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le plan Boorlo : Paroles, paroles ...

C'est à sons de trompe que Jean-Louis Borloo a lancé son plan dit de "cohésion sociale", qui prétend -rien moins que cela- apporter une réponse globale à la crise en s'attaquant de front aux problèmes de l'emploi, du logement et de l'exclusion sociale.

On se croirait revenu en 1995, lorsque Chirac se vantait de "réduire la fracture sociale". Et Raffarin n'est pas en reste, puisqu'il annonce déjà, avec la mise en place du plan en 2005 une "baisse réelle du chômage" et d'ici 2007 "une baisse très significative"... Pour financer ce plan, Raffarin a promis dix milliards sur cinq ans... mais il n'en a donné qu'un pour l'année prochaine.

L'objectif réel de ce lancement en fanfare, ce n'est pas de savoir si les mesures proposées par Borloo sont réalisables, finançables ou encore réellement efficaces, mais simplement d'essayer de faire croire que ce gouvernement, totalement aux ordres du Medef et qui le prouve tous les jours depuis 2002 en s'attaquant aux retraites, à la Sécurité sociale, etc., aurait des préoccupations sociales.

Pour le volet logement de son plan, Borloo fait mine de se pencher sur le sort des familles expulsées en proposant de libérer 7à 8000 logements sociaux pour les reloger, alors qu'il y a... un million de dossiers de demandes de logements sociaux en attente.

Et puis, comme tous ses prédécesseurs, Borloo annonce le doublement de la construction des logements sociaux dans un délai de cinq ans et 100000 logements neufs par an. Il faudrait, sans rire, lui faire relire sa loi votée l'an dernier et présentée comme "un plan Marshall pour les banlieues", qui annonçait triomphalement "30 milliards d'euros en cinq ans, pour 600000 logements", mais qui s'est déjà dégonflée comme une baudruche. Car finalement Borloo ne fait que continuer en l'aggravant la politique d'abandon du logement social entamée depuis de nombreuses années, y compris sous les gouvernements de gauche, qui eux aussi jonglaient avec les chiffres et annonçaient des centaines de milliers de logements sociaux construits ou réhabilités.

Le volet emploi du plan Borloo est de la même eau. Borloo propose, pour le million de RMIstes et chômeurs de longue durée, un nouveau "contrat d'activité" passé avec les collectivités locales. Ce nouveau contrat de 35 heures, d'une durée de trois ans maximum, comprendrait une formation et une rémunération proche de trois quarts du smic. Une mesure que Sarkozy critique déjà ouvertement, en faisant remarquer qu'en dix ans les sommes versées prétendument pour lutter contre le chômage ont augmenté de 75% sans que celui-ci ne diminue.

Borloo, dans une interview au Figaro, explique avoir présenté son plan à 45 DRH d'entreprises (directeurs des ressources humaines) qui en seraient "fans". Et d'ajouter: "Honnêtement, je ne pensais pas qu'il y avait une telle attente chez eux aussi." Dans le même journal, un de ses ministres délégués, Gérard Larcher, annonce que Borloo prépare un assouplissement du code du travail basé sur les propositions du rapport Virville, qui avait fait scandale en proposant un CDD de longue durée. Une loi est en préparation pour le début de 2005, qui prévoit des propositions "décoiffantes" contre le code du travail jugé "paralysant et anti-emploi". On n'aura pas eu longtemps à attendre pour comprendre pourquoi les DRH sont des fans du ministre de la prétendue Cohésion sociale.

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