Le nombre des Rmistes en augmentation25/06/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/06/une1873.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le nombre des Rmistes en augmentation

Une étude officielle, réalisée conjointement par le ministère du Travail, celui de la Santé et la Caisse nationale d'allocations familiales, met en évidence l'augmentation du nombre de Rmistes au cours du premier trimestre de cette année: au 31 mars, 1,19 million de personnes recevaient le Revenu minimum d'insertion, soit une augmentation de 8,9% en un an.

Les départements du Nord et du pourtour méditerranéen ainsi que les agglomérations de Paris et de Lyon détiennent le record du nombre de Rmistes. L'île de la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique se placent aussi en tête.

Ainsi, un nombre toujours plus important de travailleurs ayant perdu leur emploi se trouvent réduits à la condition d'assistés (et combien chichement puisque le montant mensuel du RMI versé à un adulte sans enfant s'élève à 411,70 euros).

L'étude en question relève les raisons de cette augmentation importante du nombre des Rmistes. Le nombre global de chômeurs a augmenté, celui des chômeurs non indemnisés a augmenté encore plus (9,4% de plus en un an) et la réforme de l'assurance chômage entrée en vigueur le 1er janvier 2003, en privant de leurs droits aux Assedic de nombreux travailleurs à la recherche d'un emploi, a encore aggravé la situation. Pour cette année, on estime à 130000 le nombre de travailleurs exclus de l'ASS et devenant Rmistes. Mais ces explications n'apportent aucune solution et ce n'est pas du côté du gouvernement qu'il faut en attendre.

Depuis des années, la montée du chômage et de la précarité entraîne la dégradation des conditions de vie d'une fraction de plus en plus importante de la classe ouvrière. On présente ces travailleurs -qui ont pourtant cotisé- comme des assistés, que de surcroît le gouvernement s'efforce de culpabiliser, expliquant à qui veut l'écouter que les chômeurs ne font pas assez d'efforts pour retrouver un emploi et que les diverses misérables aides financières ne font qu'encourager à la paresse et à l'installation dans le chômage.

Pour Raffarin et ses ministres, les patrons qui licencient par souci de rentabilité ne sont pas responsables de cette situation catastrophique pour tant de familles ouvrières. Les responsables ce sont les chômeurs eux-mêmes. Et le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, d'annoncer un nouveau plan pour la fin juin devant créer un nouveau contrat à destination des Rmistes, dit "contrat d'activité formation".

Il s'agirait d'inciter les Rmistes à "revenir à l'emploi" (comme s'ils avaient choisi d'en partir) et à accepter un "contrat de travail attractif assorti d'une formation". Le contrat de travail en question, d'une durée de trois ans maximum, se traduirait par un salaire de 75% du smic! Le plan Borloo risque d'être une nouvelle machine contre les chômeurs, comme toutes les mesures de ce genre prises ces dernières années et mises en oeuvre pour faire pression sur eux de façon à ce qu'ils acceptent n'importe quel emploi au rabais. En revanche, le même plan aura bien des chances d'être très attractif... en subventions et dégrèvements divers pour les patrons.

Avec ce genre de mesure, le recul important du chômage et de la pauvreté qui rongent le monde du travail n'est pas près de s'annoncer.

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