La Poste Paris 18e : Trois jours de grève contre les suppressions d'emplois18/06/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/06/une1872.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste Paris 18e : Trois jours de grève contre les suppressions d'emplois

La direction de La Poste a décidé de réorganiser la distribution du courrier dans le 18e arrondissement de Paris, comme elle a déjà commencé à le faire dans de nombreux centres de distribution. À terme, c'est l'ensemble de l'organisation de la distribution qui doit être revu. Ces projets de réorganisation ne sont pas sans conséquences pour l'ensemble du personnel.

Le but avoué de la direction n'est autre que de diminuer de façon importante le nombre d'emplois. Qu'au passage la charge de travail augmente pour les facteurs, que leur cycle de repos soit remis en cause et, surtout, que de nombreux contractuels se retrouvent à faire la queue à l'ANPE, est bien le dernier des soucis d'une direction uniquement préoccupée par l'accroissement de la rentabilité et des profits qui en découleront. Plus juteuse, pourquoi La Poste ne serait-elle pas privatisable?

Au centre de Paris 18e, la direction se propose de supprimer 33,5 emplois, dont 29 seront supprimés à la distribution proprement dite et les 4,5 restants seront ôtés au volant de remplacement. Cerise sur le gâteau, la direction se propose de ne pas remplacer les agents qui quitteront les divers petits services du bureau. Les facteurs, actuellement au nombre de 227, ne seront plus que 198 pour faire face au même volume de courrier, en sachant que déjà actuellement le personnel est notoirement insuffisant, au point qu'il arrive fréquemment que, sur une journée, six à douze ou quinze tournées de distribution ne soient pas assurées, faute de personnel! Le repos d'un samedi sur deux est supprimé, remplacé par un repos un samedi et un lundi sur trois. Les tournées du samedi ne seront plus dispensées de la présentation des lettres recommandées. Nous devrons dorénavant en présenter au moins trente.

Vingt contractuels à durée déterminée ne verront pas leur contrat renouvelé. Certains travaillaient à Paris 18 depuis des années, par contrats successifs entrecoupés de repos forcés, pour respecter la loi. Ces collègues en CDD assuraient le même travail que les facteurs fonctionnaires ou en CDI. Il ne s'agit ni plus ni moins que de licenciements.

Lors d'une heure d'information, les syndicats ont proposé une grève illimitée à partir du 8 juin, pour exiger le maintien des effectifs, du repos un samedi sur deux et l'embauche en CDI des collègues actuellement en CDD.

Le 8 juin, nous étions 176 grévistes, mais le lendemain nous n'étions plus que 95 en grève. La direction de la distribution de Paris Nord, comme la direction locale, refusèrent de discuter toutes nos revendications. Des distributions de tracts aux usagers ont été organisées devant trois bureaux de poste et à une sortie de métro. Le troisième jour, les 75 derniers grévistes ont décidé de reprendre le travail.

Quoi qu'il en soit, pour les postiers de Paris 18 les comptes sont loin d'être réglés, d'autant que le problème se pose au moins au niveau de tout Paris, où 2000 emplois doivent être ainsi supprimés. Une série de mouvements limités ont eu lieu dans différents centres touchés, avec des grèves de quelques jours. Depuis le début de cette réorganisation qui frappe tous les bureaux les uns après les autres, les syndicats n'ont jamais sérieusement tenté de mobiliser l'ensemble des postiers pour préparer une riposte commune à la hauteur des enjeux, capable de redonner confiance aux milliers d'employés de La Poste, de leur faire prendre conscience de la force qu'ils peuvent représenter tous ensemble, contractuels et fonctionnaires, face à la direction.

En attendant, à Paris 18 comme dans d'autres bureaux, nous avons au moins voulu montrer à la direction que sa réorganisation ne passe pas comme une lettre à la poste.

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