Fonds publics pour le patronat : Chez Bull, nouveau cadeau de l'État18/03/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/03/une1859.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Fonds publics pour le patronat : Chez Bull, nouveau cadeau de l'État

Le gouvernement a manifesté son intention d'aider une nouvelle fois les actionnaires de Bull. Il est prévu d'accorder en 2005 un nouveau prêt de l'ordre d'un demi-milliard d'euros, pour permettre à ce groupe de rembourser à l'État lui-même l'avance de trésorerie de 420 milliards d'euros perçue il y a moins d'un an et demi, majorée des intérêts. C'est un puits sans fond. L'État prête de l'argent, l'entreprise ne rembourse pas, en conséquence l'État prête à nouveau une somme encore plus importante pour se rembourser! Trouver un tel banquier compatissant n'est pas à la portée de tout le monde. Au bout du compte -en supposant qu'on soit au bout- cela fait un demi-milliard d'euros payé par les contribuables!

Bull est une entreprise qui a le statut d'entreprise privée, même si l'État y conserve une participation. Parmi les actionnaires on retrouve des groupes comme l'américain Motorola, le japonais Nec, les français Axa, Pinault, France Télécom...

Ce n'est bien évidemment pas la première fois que l'État pompe dans les caisses publiques pour alimenter cette entreprise. L'histoire de Bull n'est même qu'une longue suite de renflouages de cet acabit. Depuis 1966, plus de huit milliards d'euros d'aides d'État lui ont été versés.

Le nouveau coup de pouce gouvernemental accompagnerait un nouveau plan de "restructuration". Et malgré les dénégations officielles, les travailleurs de l'entreprise ont de quoi s'inquiéter. Les largesses de l'État aux actionnaires se sont toujours accompagnées de suppressions d'emplois. Ces aides n'ont même pas eu comme contrepartie de garantir le maintien des emplois de l'entreprise, selon un scénario que l'on retrouve à chaque fois, dans toutes les régions, dans toutes les entreprises, quel qu'en soit le secteur d'activité! Ces dernières années plus de 3000 emplois ont été supprimés, tels ceux des travailleurs produisant les cartes à puce à Angers, travailleurs licenciés après la vente de cette division de l'entreprise présentée comme non viable par le repreneur ACT.

Quand il s'agit de faire des cadeaux aux actionnaires, l'État ne fait pas dans la demi-mesure, il intervient dare-dare. Tout autre est son attitude lorsqu'il s'agit de maintenir les emplois.

Mais puisque l'argent des contribuables subventionne à fonds perdus ces groupes capitalistes, il serait légitime que les travailleurs puissent avoir connaissance des tractations, des responsabilités nominales, des transferts de fonds, en un mot de toutes les manigances qui se font sur leur dos. A plus forte raison lorsqu'il s'agit de l'argent public.

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