Saint-Fons (Région lyonnaise) : Les familles s’invitentau Conseil municipal25/12/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/12/une1847.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Saint-Fons (Région lyonnaise) : Les familles s’invitentau Conseil municipal

C'est un Conseil municipal mouvementé qui s'est déroulé le 17 décembre à Saint-Fons dans la banlieue lyonnaise. On n'avait jamais vu autant de monde manifester devant la mairie, dans la salle du conseil et dans les escaliers.

La population était venue en nombre protester contre la décision du maire de ne plus subventionner le centre social Louise-Michel, sous prétexte que les fonds publics n'y seraient pas utilisés efficacement et que le centre a un déficit de 70000 euros pour l'année 2003.

Cette décision est ressentie d'autant plus douloureusement que la grande majorité des enfants qui fréquentent le centre social sont issus de familles défavorisées, qui n'ont pas les moyens d'offrir des loisirs à leurs enfants.

Pendant plus d'une heure et demie le maire, Michel Denis, patron d'une PME et politiquement à droite, a tenté de convaincre les familles qu'en tant que «garant de l'argent public», il ne peut accepter de subventionner une association qui est en déficit.

Mais les familles ne s'en sont pas laissé conter et lui ont répondu du tac au tac. Elles lui ont ainsi fait remarquer qu'il n'a pas les mêmes scrupules quand il s'agit de financer la police municipale et la vidéo surveillance, et que, pour un maire qui se targue de vouloir lutter contre la délinquance, fermer le centre, c'est laisser les enfants dans la rue et désoeuvrés. Ce à quoi le maire a répondu qu'il s'engage à ouvrir une nouvelle structure et à maintenir des activités. Mais malgré l'insistance des familles, il s'est bien gardé de donner de plus amples explications. Il s'est contenté de dire que la mairie dépensait déjà beaucoup d'argent pour les centres sociaux. Un élu de l'opposition lui a, alors, fait remarquer que la somme annoncée (800000 euros) ne représente que moins de 4% du budget de la commune.

Dans cette histoire, l'attitude du maire est en droite ligne avec la politique qu'il a menée jusque-là vis-à-vis des associations et de tous les budgets sociaux. Depuis son élection en 2001, il n'a cessé de discréditer le fonctionnement des associations, quand il ne les asphyxie pas financièrement. De même, il a diminué ou supprimé un certain nombre d'aides sociales dont bénéficiaient les plus démunis, ceci dans une ville où le niveau de vie est un des plus bas de la région lyonnaise.

La colère des habitants lui a en tout cas montré qu'il ne peut pas faire n'importe quoi impunément, et face à la détermination des familles, il avait quelque peu perdu de sa superbe.

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