La Poste (Paris 8) : Difficile de suivre les «suivis»25/12/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/12/une1847.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste (Paris 8) : Difficile de suivre les «suivis»

Quand vous allez déposer une lettre à un guichet de La Poste, souvent on vous propose d'acheter un suivi. En plus de l'affranchissement normal, le suivi coûte de 0,55 à 0,91 euro l'unité, suivant la quantité achetée.

Le guichetier vous explique que cela vous permettra de suivre votre courrier à la trace sur votre minitel, sur internet ou au bureau de poste lui-même. Mais entre la théorie et la réalité, il y a une marge. D'abord, il faut que les suivis soient bien enregistrés («flashés») par un lecteur optique au départ, mais aussi à l'arrivée, ou que les numéros du code barre soient tapés manuellement si les flasheurs ne fonctionnent pas. Mais pour faire tout cela, il faut du personnel, et ce n'est pas toujours le cas.

Mais même quand tout est enregistré correctement à chaque étape de l'acheminement, encore faut-il que le serveur central informatisé, le SIO (Suivi informatisé des objets) qui permet de savoir où est votre courrier, ne soit pas saturé ou en panne comme cela est arrivé ces dernières semaines. Quand on l'interroge, il arrive qu'il ne trouve aucune trace de votre envoi, alors que ce serveur est censé couvrir et coordonner les suivis sur toute la France.

Du coup, dans les services de la distribution et des guichets les réclamations tombent. Les usagers qui ont payé pour un courrier, qui n'a de suivi que le nom, ont l'impression de s'être fait voler.

Pour vendre des produits «à valeur ajoutée», La Poste n'hésite pas et exerce une pression maximum sur les guichetiers pour qu'ils les proposent sans mettre les effectifs et les moyens matériels nécessaires. Quand il s'agit de mettre les moyens pour que l'acheminement soit à la hauteur, elle est aux abonnés absents. Elle ne parle que de faire des économies, restructurant les services à tout va et réduisant le nombre de postiers. Et tant pis pour l'usager qui n'est considéré que comme un client à qui extorquer de la «valeur ajoutée».

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