Rhodia - Saint-Fons (Rhône) : Un premier avertissement18/12/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/12/une1846.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Rhodia - Saint-Fons (Rhône) : Un premier avertissement

Mercredi 10 décembre, à l'appel des organisations syndicales du groupe chimique Rhodia, l'ensemble des salariés des entreprises françaises, italiennes et espagnoles étaient appelés à la grève.

Depuis des mois, des rumeurs circulent dans les entreprises, concernant les cessions, les suppressions de postes, les mutations ou la mise en plate-forme de services. Après avoir laissé l'inquiétude s'installer, la direction a annoncé un millier de suppressions de postes dans le monde, dont 572 en France. Pour cela, elle veut mettre en plate-forme plusieurs services, dont la sécurité, la recherche, muter les 1174 salariés concernés en France et ensuite supprimer 572 postes déclarés en sureffectif.

Depuis des années, la direction demande toujours plus d'efforts face aux difficultés économiques qu'elle prétend avoir. Mais personne ne comprend pourquoi trois mois de salaire de chacun partiraient chaque année sous forme de frais financiers aux banques, ni pourquoi l'ancien patron du groupe serait parti avec un "parachute en or" de plus de deux millions d'euros et pas mal d'avantages annexes, en laissant les comptes dans le rouge.

Les salariés n'ont pas non plus à être les victimes de la politique spéculative du groupe Rhodia, qui a cru pouvoir profiter de la bulle boursière des années précédentes, mais s'est retrouvé à crouler sous des emprunts difficilement remboursables.

A Saint-Fons, près de Lyon, la grève a été suivie par plus de la moitié des ouvriers, employés, techniciens et même quelques cadres. Un rassemblement de 350 personnes a eu lieu devant l'usine Silicones que la direction envisage de vendre. Après une prise de parole des syndicats, une manifestation s'est rendue à la mairie de la ville, non sans avoir bloqué l'autoroute.

Cela faisait des années que des salariés des quatre usines de Saint-Fons ne s'étaient pas retrouvés ensemble. Au rassemblement l'ambiance était chaude et dynamique malgré le temps. C'était là un gage de moral et de combativité.

D'autres annonces doivent être faites dans les semaines qui viennent dans chaque entreprise. Nos emplois sont menacés pour satisfaire les banquiers et les actionnaires. Mais la réussite de notre grève montre que nous ne sommes pas prêts à nous laisser tondre comme des moutons.

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