L'affaire Executive Life : La vie compliquée des requins de la finance24/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1838.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

L'affaire Executive Life : La vie compliquée des requins de la finance

L'État français était prêt à payer près de 500 millions de dollars aux autorités américaines pour arrêter les poursuites contre le Crédit Lyonnais suite au rachat d'Executive Life, frauduleux aux yeux de la réglementation américaine sur les compagnies d'assurances. Mais cet accord vient d'être remis en cause.

Au début des années 1990, le Crédit Lyonnais rachetait la compagnie d'assurances américaine, au bord de la faillite. Mais comme une banque n'a légalement pas le droit d'exercer directement la profession d'assureur, le Crédit Lyonnais a effectué cette opération à travers une société écran.

En réalité, le Lyonnais achetait surtout un portefeuille d'actions à l'époque -présumé sans valeur- possédé par Executive Life. Mais les aléas de la Bourse ont permis à ce portefeuille de prendre de la valeur. Cette opération a rapporté 1,5 milliard de dollars au Crédit Lyonnais, mais surtout 1 milliard de dollars à François Pinault, un affairiste proche de Chirac à qui la banque avait fini par revendre Executive Life.

Dans le monde de la finance, c'est ce que l'on appelle un bon coup. Le fait que 300000 assurés américains aient été escroqués au passage n'a, pour ce beau monde, aucune importance. Cette activité spéculative faite de bons coups -et parfois de mauvais- est devenue une des principales activités de l'économie de ces prédateurs que sont les capitalistes.

Il y a fort à parier que, si le gouvernement français a rompu l'accord signé avec la justice américaine, c'est que cet arrangement ne mettait pas à l'abri d'ex-dirigeants du Crédit Lyonnais, comme Jean-Yves Haberer, Jean-François Hénin mais surtout François Pinault, mouillés jusqu'au cou dans cette combine.

Car si le gouvernement n'est pas regardant lorsqu'il s'agit de disposer de l'argent des contribuables, il est soucieux de protéger ses grands commis et les affairistes comme Pinault, car l'État, c'est eux.

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