Brésil : La culture des OGM autorisée09/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1836.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Brésil : La culture des OGM autorisée

Au Brésil, le gouvernement de Lula vient, le 25 septembre, d'autoriser provisoirement la culture de soja transgénique dans l'état le plus méridional de la fédération, le Rio Grande du Sud, dont Porto Alegre est la capitale. Il cède ainsi aux pressions des plus gros exportateurs brésiliens et des firmes américaines.

Le Brésil est le second producteur mondial de soja, avec 50 millions de tonnes, derrière les États-Unis. Les quelque 20 millions de tonnes qu'il vend, principalement à l'Union européenne et au Japon, rapportent annuellement 6 milliards d'euros. Non pas au Brésil, comme on dit par facilité, mais aux producteurs de soja.

Or le secteur du soja, production et commerce, est parcouru par le débat sur les OGM. Le soja transgénique, mis sur le marché par la firme américaine Monsanto, domine aux États-Unis. Facilitant le désherbage des cultures, il permet de diminuer les coûts de production dans les grandes exploitations en monoculture. Mais toute une partie du monde, l'Europe, le Japon, la Chine, le refuse et préfère le soja non transgénique, qui bénéficie de ce fait d'un marché étendu.

Au Brésil, le soja transgénique était officiellement interdit jusqu'à maintenant. Certains états brésiliens, comme le Parana, font respecter cette prohibition. Mais les gros producteurs du Rio Grande du Sud utilisaient des semences transgéniques importées en contrebande de l'Argentine voisine. Du coup, une partie du soja brésilien comportait des OGM et devrait donc être interdite à la vente.

Lula, pour séduire les électeurs, les écologistes et les petits producteurs agricoles, s'était prononcé contre la culture des OGM au cours de sa campagne présidentielle. Mais au lendemain de son élection, dès le mois de mars, il avait autorisé la vente de soja génétiquement modifié. C'était du soja déjà produit et récolté, et une décision rapide s'imposait. Cependant il annonçait la préparation d'une loi sur les OGM.

Mais légiférer prend du temps et nous sommes maintenant au temps des semailles. Et Lula a donc autorisé le Rio Grande du Sud à semer du soja transgénique.

Certes, les gouvernements de droite qui ont précédé celui de Lula laissaient faire la contrebande de graines de soja transgénique, sans se préoccuper de faire appliquer la loi.

Mais la politique de Lula est tout aussi hypocrite. S'appuyant sur les échéances saisonnières imposées par le calendrier, et sans débattre davantage que ses prédécesseurs, il cède tout simplement à un des deux camps en présence: celui des plus gros producteurs, du capitalisme agricole le plus concentré, qui rejoint les intérêts des exportateurs américains et de la multinationale Monsanto qui a le monopole des semences OGM et va désormais percevoir des redevances sur le commerce brésilien de soja.

Un des slogans de campagne de Lula était "Brésil urgent, Lula président". L'urgent pour lui, c'est de céder aux plus gros des capitalistes de l'agro-alimentaire, qui lui ont fourni son ministre de l'Agriculture.

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