SNCF Villeneuve-Triage (94) : Une catastrophe évitée de justesse02/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1835.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF Villeneuve-Triage (94) : Une catastrophe évitée de justesse

Samedi 20 septembre, vers 19 heures, en gare de Villeneuve-Triage, des dizaines de voyageurs descendus sur une voie à la suite d'une panne de leur train de banlieue, ont évité de justesse d'être happés par un autre train de banlieue roulant à 108km/h sur la même voie.

Les images diffusées par la télévision, impressionnantes, ont montré qu'un véritable carnage avait été évité.

Suite à une anomalie détectée et quatre signaux d'alarme tirés par les voyageurs, le train de banlieue avait subi un freinage automatique en gare de Villeneuve-Triage, laissant hors quai une demi-rame où se trouvaient de nombreux voyageurs, ceux qui, entre autres, sont descendus ensuite sur la voie.

Le conducteur du train, seul cheminot à bord, a invité les voyageurs à descendre «côté gauche», c'est-à-dire côté quai, sans pouvoir s'assurer techniquement que les portes «côté droit» étaient bloquées ou pas puisque le système d'ouverture ne permet pas de différencier le côté droit du côté gauche de l'ouverture. De plus, la radio sol-trains, qui permet au conducteur de dialoguer avec le poste de commandement de Paris et le poste d'aiguillage de Villeneuve-Saint-Georges n'a pas fonctionné normalement. Ainsi, l'information qu'une partie du train était hors quai, donnée au PC de Paris, n'est pas parvenue au poste de Villeneuve-Saint-Georges qui, s'il l'avait su, aurait arrêté le train qui a failli écraser les voyageurs. Enfin, la gare de Villeneuve-Triage, petite gare de banlieue, était fermée à ce moment-là, 19 heures, un samedi!

Alors, cet «incident» qui aurait pu se transformer en catastrophe ne doit rien à la fatalité. Matériel défaillant, pas d'agent d'accompagnement dans le train, gare déserte, tous les ingrédients d'un scénario catastrophe étaient réunis.

Si la direction de la SNCF dans un communiqué a reconnu sa responsabilité sur les dysfonctionnements techniques, jamais elle n'a remis en cause sa politique de baisse des effectifs dans les ateliers d'entretien des rames de banlieue, ni n'a remis en cause le fait qu'un seul agent SNCF, le conducteur du train, était seul responsable de centaines de voyageurs (300 dans ce cas-là). Elle ne s'est pas souciée non plus du fait qu'une gare de voyageurs soit déserte en début de soirée, une fin de semaine.

Pour les cheminots, la présence en plus du conducteur d'un agent d'accompagnement dans le train, chargé entre autres de l'ouverture et de la fermeture des portes, ne serait-ce que cela, aurait empêché que des voyageurs descendent du mauvais côté et se retrouvent sur les voies. De même, la présence d'un agent en gare aurait permis d'alerter le poste d'aiguillage de Villeneuve-Saint-Georges.

Et puis la reconnaissance par la SNCF de sa responsabilité est bien limitée puisque dans le même temps, sous couvert d'enquête, elle fait pression sur des cheminots, comme ceux du poste d'aiguillage de Villeneuve-Saint-Georges, qu'elle fait interroger pendant des heures pour savoir si ceux-ci n'auraient pas commis d'erreurs...

Cette fois, et fort heureusement, une catastrophe a été évitée de justesse. Mais comme la direction n'envisage en aucun cas de mettre des effectifs en nombre suffisant et qu'au contraire, elle maintient le cap des suppressions d'emplois et des économies sur l'entretien et le renouvellement du matériel, le pire est à craindre.

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