Etats-Unis : Les menteurs qui nous gouvernent02/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1835.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Etats-Unis : Les menteurs qui nous gouvernent

Le département d'État américain vient d'ouvrir une enquête, le 30 septembre, sur une fuite ayant dévoilé l'identité d'une femme agent de la CIA qui travaillait sur le dossier des «armes de destruction massive». Rappelons que l'existence de ces fameuses armes a été l'une des justifications de l'intervention anglo-américaine contre l'Irak de Saddam Hussein, mais que les troupes d'occupation présentes en Irak depuis près de six mois ont toujours été incapables de prouver.

Selon la presse américaine, l'identité de cette femme, Valérie Plame, aurait été révélée par la Maison-Blanche, en représailles contre son mari Joseph Wilson. Car il s'agit d'un ancien diplomate des États-Unis, qui conteste les affirmations américaines sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak.

Tout cela fait grand bruit puisque cela met en cause la présidence. Celle-ci répond évidemment que cette affaire est «ridicule». Bush joue les grands seigneurs et affirme que toute la lumière sera faite et que les dossiers de la Maison-Blanche sont à la disposition des enquêteurs. Mais cette affaire rappelle celle à laquelle a été mêlé le Premier ministre britannique, Tony Blair, et qui a entraîné le suicide de l'expert en armement Dave Kelly qui travaillait pour le gouvernement mais qui avait informé la presse.

Bush, comme Blair, craint des implications politiques pour sa carrière si étaient révélées publiquement les manipulations auxquelles les dirigeants américains se sont livrés en exagérant la menace représentée par le régime de Saddam Hussein pour convaincre les parlementaires et l'opinion publique du bien-fondé de leur intervention guerrière.

Cela tombe d'autant plus mal que ces jours-ci les parlementaires américains examinent le budget supplémentaire que Bush veut obtenir pour les dépenses militaires et ce qu'il appelle l'aide à la reconstruction de l'Irak et qui est, plus exactement, l'aide aux entreprises américaines qui en sont chargées.

Deux parlementaires, un républicain et une démocrate, ont donc écrit au directeur de la CIA pour lui demander des éclaircissements sur le manque d'informations crédibles sur la situation en Irak depuis 1998. Ils se réveillent sans doute un peu tard. Mais à treize mois de la prochaine élection présidentielle américaine, c'est une pierre dans le jardin du président Bush. Celui-ci voudrait pourtant éviter de rééditer l'exploit de son père: vainqueur de la guerre du Golfe et perdant de l'élection présidentielle suivante.

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