École Albert-Samain (Dunkerque) : Mobilisation contre la fermeture d’une classe02/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1835.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

École Albert-Samain (Dunkerque) : Mobilisation contre la fermeture d’une classe

Comme l'an dernier, le rectorat de l'Académie de Lille a profité de la rentrée scolaire pour supprimer des classes. A l'école élémentaire Albert-Samain, dans un quartier populaire de Dunkerque, l'inspectrice académique est venue compter les enfants le jour de la rentrée et a estimé qu'avec 98 élèves (c'est-à-dire en dessous du seuil de 103 élèves) une des cinq classes de l'école devait fermer.

Les parents ont rapidement réagi contre cette décision scandaleuse. Ils ont recompté eux-mêmes les enfants. Résultat: deux jours après la rentrée, le nombre d'élèves était repassé à 104, ce qui justifiait, selon la comptabilité de l'inspection académique, le maintien de la classe. L'institutrice aurait ainsi dû rester.

Mais les services du rectorat ont continué à utiliser leurs mensonges habituels: «La démographie diminue» ou encore «regrouper les enfants de plusieurs niveaux dans une même classe est un avantage pour les élèves» (mais certainement pas à plus de 30 élèves par classe). Un inspecteur académique a même poussé l'hypocrisie jusqu'à expliquer que si deux jours après la rentrée, le nombre d'élèves avait augmenté, il ne pouvait pas en tenir compte... par souci d'égalité avec les autres écoles du département.

Ainsi quinze jours après la rentrée, l'école a été chamboulée: il n'est plus resté qu'une maternelle regroupant 34 élèves de petite et moyenne section; les 16 élèves de grande section ont été mélangés avec les 9 élèves de CP; enfin les CE1-CE2 et les CM1-CM2 ont été regroupés.

Les parents se sont mobilisés pour défendre leur école, qui, par sa petite taille et son encadrement, a permis jusqu'à maintenant un très bon accueil des enfants, en particulier pour l'apprentissage du français. Ils ont réclamé la réouverture de la classe en occupant l'école. Tous les jours, en se réunissant le matin pour discuter, pour fabriquer des banderoles, pour organiser la signature de pétitions et pour s'occuper des élèves en sureffectif, ils ont fait pression sur le rectorat.

Et après dix jours de mobilisation, ils ont obtenu trois postes à mi-temps d'assistants d'éducation. Même si ces postes ne remplacent pas l'institutrice, ils permettront un meilleur accueil des élèves. Cependant, le rectorat a refusé de rouvrir la classe. Alors même si les parents ont arrêté d'occuper l'école, ils restent mobilisés pour continuer à faire pression sur le rectorat et pour empêcher toute nouvelle fermeture.

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