A l'heure des restrictions budgétaires, les cadeaux du gouvernement à Dassault26/06/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/06/une1821.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

A l'heure des restrictions budgétaires, les cadeaux du gouvernement à Dassault

On ne verra pas voler des "drones", ces avions sans pilote, lors de la parade du 14 juillet. Mais ce sera peut-être d'ici peu. Car l'armée de l'air aura des drones de combat: la ministre de la Défense, Michelle Alliot-Marie, l'a promis, annonçant au Salon du Bourget en avoir passé commande à Dassault, auquel seront associés pour la circonstance d'autres grands groupes privés d'armement ou d'électronique, tel Thalès.

Comme il paraît que l'Allemagne et la Grande-Bretagne n'ont pas encore lancé leur propre programme de drones, la France aurait ainsi pris une longueur d'avance sur ses alliés-concurrents européens. C'est du moins ce qu'affirment certains journaux. Ils en ont profité pour pousser de grands "cocoricos", dérisoires car, de toute façon, le champion toutes catégories en la matière reste les États-Unis. Surtout, ils se sont bien gardés de relever ce que cela avait de choquant, quand on sait que le coût d'un seul prototype de drone est déjà évalué à plusieurs milliards, pour ne rien dire de leur production en série. D'autant plus que cette annonce coïncide avec celle faite par ce même gouvernement d'une forte révision à la baisse de la grande majorité des budgets ministériels, à l'exception, il est vrai, de ceux de l'armée, de la police et de la justice.

Ainsi, le 18 juin, le ministre de la Ville, Borloo, a claironné qu'il voulait "mettre le paquet une fois pour toutes" pour les quartiers en difficulté en réhabilitant, construisant ou démolissant "trois fois 200000" logements. Eh bien, le "paquet" a été prestement vidé. Rien que pour le budget du ministère du Logement, 108 millions d'euros de crédits viennent d'être annulés et 232 autres millions gelés. Et ce n'est qu'un exemple. La même chose vaut pour l'Éducation nationale, la Santé, la Recherche, la Culture, etc. En fait, alors qu'il multiplie les exonérations de charges, les baisses d'impôts et autres cadeaux aux patrons et aux nantis, il ne se passe pratiquement pas de jour sans que le gouvernement prétende que les recettes fiscales ne rentrent pas comme prévu, que "les déficits se creusent", bref, qu'il n'a plus de sous.

Cela commence par les retraites et la Sécurité sociale. Mais c'est aussi pour embaucher des infirmières, des instituteurs ou des surveillants; pour ne pas fermer des maternités, des bureaux de poste, et maintenir des services publics utiles à la population laborieuse... dans tous ces domaines-là, l'argent manquerait.

Mais même quand le gouvernement prétend qu'il n'en a plus, il en a encore. Ou plutôt, il en trouve, précisément en réduisant les budgets sociaux, pour financer, par exemple, la construction d'engins de mort, drones ou pas, ce qui va rapporter gros aux actionnaires des sociétés d'armement.

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