Education nationale : Les personnels en grève contre le démantèlement de l'éducation nationale22/05/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/05/une1816.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Divers

Education nationale : Les personnels en grève contre le démantèlement de l'éducation nationale

Le projet de régionalisation et l'ensemble des mesures envisagées dans l'Education nationale constituent de véritables attaques contre les personnels de ce service public et contre la population.

La régionalisation n'est pas une vague menace qui planerait sur l'avenir, car on ne sait pas comment les Régions financeront le fonctionnement futur, alors que l'État se désengage. C'est une attaque car les décisions sont d'ores et déjà lourdes de conséquences.

La mise au chômage de 20000 aide-éducateurs aura lieu dès juin 2003. Or, ils assurent les activités (informatique...), les sorties, l'aide aux devoirs...

La suppression du corps des étudiants surveillants dans les collèges et les lycées revient à supprimer les moyens de financer les études des jeunes de milieu modeste.

Le transfert de 110000 personnels aux collectivités locales dès la rentrée prochaine se traduira par la remise en cause de nombreux services.

Ainsi, les conseillers d'orientation psychologues, dont le rôle est d'assurer le suivi des élèves durant toute leur scolarité - seront à l'avenir chargés de l'insertion et de la réorientation professionnelle de toute la population d'une région, par conséquent ils n'auront plus de temps à consacrer aux établissements scolaires. De plus, la disparition des services académiques de l'ONISEP qui produisent et distribuent gratuitement à chaque élève des revues d'information (après le bac, après la 3e, après le BEP...) entraînera un coût pour l'orientation et l'information. Faudra-t-il donc avoir les moyens pour se faire bien orienter?

Les assistantes sociales sont dans le même cas et n'assureront plus leur mission au sein de l'établissement. Les problèmes dépistés par les enseignants étaient traités à ce jour en urgence grâce au contact quotidien; qu'en sera-t-il demain?

Les médecins scolaires seront en mission dans les centres de Protection Maternelle et Infantile, donc absents des établissements scolaires. Le progrès social que représentaient les bilans de santé gratuits pour tous les élèves est donc annulé. Les bilans seront dorénavant assurés par des médecins libéraux. Faudra-t-il donc en avoir les moyens pour bien se faire soigner?

Les personnels d'entretien, désormais employés par le Conseil général, ne seront plus présents en permanence dans les établissements: pourront-ils contribuer au bien-être des enfants, dans des locaux propres? Les services de restauration privatisés garantiront-ils des repas sains et équilibrés à des prix abordables pour toutes les familles?

Par ailleurs:

  • le non-remplacement de tous les départs à la retraite va entraîner des difficultés supplémentaires pour remplacer un enseignant absent.
  • la mise en réseau des écoles au niveau de l'intercommunalité permettra de réduire le nombre de classes. Un inspecteur d'académie vient de déclarer: "Il faut repenser l'organisation de l'école, il n'est plus possible d'avoir pour chaque commune son école... En France les écoles sont trop éparpillées".
  • la scolarisation en maternelle sera freinée en favorisant l'accueil des enfants en crèche (payante) jusqu'à 4 ans dans le but principal de supprimer le 1er cycle (petite et moyenne section de maternelle).
  • le contrôle de la formation professionnelle va être donné aux Régions, ce qui préfigure la disparition des diplômes professionnels nationaux. Aura-t-on alors le même BEP électrotechnique à Lille et à Marseille ?
  • Et d'autres attaques suivront.

    Ces mesures, lourdes de conséquences ne sont pas acceptables et c'est pourquoi les personnels de l'Education nationale qui depuis des semaines font des grèves et des manifestations pour faire reculer le gouvernement et abroger cette réforme, se battent pour l'intérêt de toute la société et en particulier celui de toutes les familles des classes populaires qui seront les premières à subir les conséquences de cette remise en cause de l'école publique et laïque.

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