Bordeaux : Des travailleurs kurdes renvoyés en Turquie17/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/04/une1811.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Bordeaux : Des travailleurs kurdes renvoyés en Turquie

Vendredi 11 avril, un quatrième travailleur kurde a été embarqué à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, malgré l'opposition d'une centaine de personnes venues protester contre son expulsion à destination de la Turquie. Un autre de ses camarades n'a dû qu'à la grève de la faim qu'il menait depuis une semaine, d'être jugé trop faible pour embarquer. La veille, deux autres, malgré la manifestation de ceux qui les soutenaient, avaient dû monter dans l'avion.

Quelques jours plus tôt, le samedi 5 avril, le premier de ces travailleurs expulsés, condamné déjà par l'État turc à 24 ans pour ses activités politiques avait été réceptionné à Istanbul par la police turque après avoir été embarqué de force à Bordeaux. Cette vague d'expulsions est la réponse de la préfecture de la Gironde et du gouvernement français au mouvement qu'ont entamé des travailleurs kurdes pour demander des papiers et la régularisation de leur situation.

Il y a quinze jours, à l'arrivée d'une des manifestations contre la guerre en Irak, le samedi 29 mars, ceux-ci avaient d'abord commencé par camper sous des tentes, à une centaine, sur la place de la République. Délogés par la police, ils se sont installés, dans des conditions encore plus précaires, à un autre endroit, place André-Meunier. C'est là que le préfet a d'abord fait arrêter une quarantaine de personnes et prononcé des arrêtés de reconduite à la frontière contre six d'entre elles.

Sarkozy, pour la galerie, a bien déclaré récemment que: «La France n'éloignera pas les Kurdes en danger». La réalité, c'est le préfet qui l'exprime: «Il existe des procédures de contrôle de l'immigration, nous les appliquons». Pas question que se renouvelle la régularisation qu'avait arrachée il y a quelques semaines 27 Kurdes de Bordeaux à l'issue d'une longue grève de la faim. La guerre en Irak, qui rend encore plus dangereuse l'expulsion de Kurdes vers la Turquie, ne change rien pour le gouvernement.

Et peu lui importe si, en les remettant aux autorités turques, ces hommes, à qui il ne manque qu'un simple bout de papier, sont envoyés en prison.

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