SNCF : Menace de suppression de 500 postes de conducteurs27/02/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/02/une1804.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Menace de suppression de 500 postes de conducteurs

Neuf jeunes de Limoges et Brive, qui viennent d'être reçus à l'examen de conducteur de train, ont appris avec stupéfaction qu'ils ne seraient pas nommés sur place, contrairement à leur contrat. La SNCF leur laissait le choix entre être nommés à Paris, dans l'Est ou dans le Nord, ou travailler sur place dans un autre métier. Et cela pour au moins 18 mois et sans délai de retour.

On apprenait rapidement qu'ils n'étaient pas les seuls: dans 16 régions SNCF sur 25, tous ceux qui sont en cours de formation vont subir le même sort, soit environ 140 jeunes.

Devant l'émotion provoquée par ces nouvelles, la CGT organisait des assemblées générales. On apprenait que les conducteurs de Montpellier se mettaient en grève le 18 février. Un préavis était déposé pour le jeudi 20 à Limoges et Brive.

La SNCF organisait une réunion nationale le mercredi 19 février. Elle y confirmait les mesures prises pour réduire le nombre de conducteurs de trains d'environ 500 d'ici 2004. Pour répartir les effectifs selon ses besoins, elle a classé les régions en quatre catégories: cinq régions "durablement excédentaires" (Marseille, Montpellier, Chambéry, Tours, Limoges) et onze "excédentaires pour une durée inférieure à 18 mois". Ces régions doivent envoyer des conducteurs vers les régions "déficitaires" (Amiens, Paris Nord, Metz, Paris Sud-Est, Paris Est).

Pour faire passer la pilule, la direction a modifié un peu les conditions. Ceux qui partiront sont assurés de revenir au bout de 24 mois. Ceux qui veulent rester dans leur région ont l'assurance de conserver un grade de conduite, de recevoir une formation continue pour redevenir conducteurs au plus tard en... 2006.

La CGT a alors dit qu'il y avait des avancées et n'appelait pas à faire grève, disant craindre une grève minoritaire. Les assemblées de Limoges et Brive n'ont pas voté la grève. Les conducteurs de Montpellier ont repris le travail.

Pourtant, il n'y a pas "trop" de conducteurs dans les régions "excédentaires". La SNCF répartit les trains à conduire, deux fois par an, entre les dépôts. Elle veut faire conduire des trains sur des distances plus longues, pour gagner des conducteurs.

Elle n'hésite pas à rompre les engagements qu'elle avait pris avec les jeunes, à gaspiller les frais et l'énergie d'un an de formation. La SNCF prépare depuis des mois une "réforme de la conduite" pour rendre les conducteurs plus rentables, et c'est peut-être là une première attaque pour obliger les futurs conducteurs à accepter la mobilité.

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