Lycée professionnel La Tournelle - La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) : Pour faire reculer la violence, il faut plus d'adultes dans l'établissement30/01/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/01/une1800.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Lycée professionnel La Tournelle - La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) : Pour faire reculer la violence, il faut plus d'adultes dans l'établissement

En tête de la manifestation de l'Éducation nationale le mardi 28 janvier, le cortège des personnels et des élèves du lycée professionnel de La Tournelle (La Garenne-Colombes), en lutte depuis trois semaines, illustrait de manière bien concrète qu'il faut plus d'adultes dans les établissements scolaires.

A la suite de l'agression à coups de couteau d'une enseignante par une élève mardi 7 janvier, les professeurs se sont déclarés en " droit de retrait " . Tous ont unanimement décidé qu'ils ne reprendraient pas les cours sans avoir obtenu les moyens humains indispensables permettant d'assurer le minimum de sécurité, pour eux comme pour les élèves.

En effet, dans ce lycée professionnel, qui regroupe des élèves vivant des situations difficiles, les tensions sont fréquentes et la violence scolaire progresse. Mais face à cette situation, les effectifs sont loin d'être suffisants : pour 600 élèves, il y a en moyenne deux surveillants par jour voire, certains matins, un seul ! Il y a plusieurs classes à 30 élèves, ce qui augmente encore les tensions, sans compter bien sûr qu'on est loin de pouvoir faire progresser les élèves si on ne les a pas en petits groupes.

Voilà pourquoi les personnels ont clairement établi leurs revendications : au moins trois surveillants de plus, pas de classe à plus de 24 élèves, création de 4 postes d'agents techniques (à la place des contrats précaires types CES ou CEC). Ils ont également revendiqué le classement de leur établissement en ZEP (Zone d'Education Prioritaire) : ce qui signifiait pour eux que les moyens acquis le resteraient sur plusieurs années.

Jeudi 16 janvier, après une semaine de mouvement, une manifestation, partant du lycée, a rassemblé près de 200 personnes, personnels de La Tournelle, élèves et parents, mais aussi d'autres enseignants venus des lycées environnants, conscients que la revendication de La Tournelle, plus de moyens humains, était aussi la leur.

Le résultat fut le lendemain l'obtention d'un surveillant et d'un aide-éducateur, mais sans garantie qu'ils restent l'an prochain. Quelques jours plus tard, une délégation était reçue par l'inspecteur d'académie, avec un nouveau poste d'agent technique promis si les personnels acceptaient de reprendre " rapidement " le travail !

On était toujours loin du compte ! Maniant la carotte et le bâton, la hiérarchie menaçait en même temps les enseignants de sanctions pour " abandon de poste " mais cela n'entamait pas leur détermination. Au contraire, l'assemblée générale décida d'un nouveau rassemblement jeudi 23. Quelques enseignants de La Tournelle allèrent aussi discuter avec les collègues des lycées et collèges environnants pour relayer l'appel. A celui-ci, rassemblant autant de monde que le précédent, était aussi présente une délégation de surveillants et d'aides-éducateurs en lutte. Leur revendication, il faut créer et non pas supprimer des milliers de postes de surveillants, répond exactement à ce qu'exigent ceux de La Tournelle !

Une nouvelle délégation, reçue cette fois par le recteur de l'académie de Versailles le 24 janvier, obtint la promesse orale que ce qui avait été obtenu serait garanti pendant trois ans. Mais sans avoir rien de plus !

Enfin, lundi 27, on apprenait que le ministre de l'Éducation nationale, Luc Ferry, et le ministre délégué à l'Enseignement scolaire, Xavier Darcos, fixaient rendez-vous à une délégation mardi 28, après la manifestation. L'entrevue avec les ministres ne donna rien de concret : le lycée La Tournelle deviendrait un soi-disant " établissement pilote contre la violence " où les personnels pourraient faire des " propositions " pour lutter contre la violence sans aucun effectif supplémentaire ! Du bla-bla pour faire croire que les ministres sont " à l'écoute " , alors qu'ils refusent de satisfaire leurs revendications légitimes...

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