Retraites : Depuis 1993, les gouvernants organisent la baisse des retraites24/01/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/01/une1799.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Retraites : Depuis 1993, les gouvernants organisent la baisse des retraites

Edouard Balladur s'est vanté récemment dans la presse d'avoir su réformer les retraites du privé en douceur et avec doigté. En réalité, il a mis en route un mécanisme contre les retraites dont l'action progressive est redoutable. Les décisions prises en 1993 sont directement responsables d'une baisse de plus en plus importante du niveau de vie des retraités.

L'Insee vient justement de publier les chiffres correspondant à la période 1996-1999. En moyenne, le revenu des salariés se serait élevé dans cette période de 1,7 %, celui des retraités de 0,9 % seulement, et cela essentiellement grâce aux nouveaux retraités, qui partent sur la base d'un salaire relativement élevé. Mais, concrètement, la plupart des retraités en chair et en os voient leur niveau de vie stagner et même parfois baisser de façon importante.

En effet, depuis 1993, les retraites ne sont plus indexées sur une moyenne générale des salaires, mais sur l'indice du coût de la vie. Ce dernier reflète plus ou moins bien la hausse des prix, mais sur une longue période il monte moins vite que cette moyenne des salaires telle qu'elle était calculée, intégrant en particulier les salaires des salariés les mieux payés.

Depuis la même année, les retraites ne sont plus calculées sur la base des dix meilleures années de salaire mais, progressivement, sur la base des vingt-cinq meilleures années. Si bien que chaque année qui passe, et cela jusqu'en 2008, le calcul de base des retraites entraîne une baisse puisqu'elles sont calculées sur la moyenne d'une période comprenant une année de plus. Du coup les retraités perdent 10 %, 20 % ou même davantage sur le montant de leur pension.

Cette situation va progressivement empirer. Car si les retraités actuels ont souvent accompli une carrière complète, un grand nombre de leurs successeurs arriveront - ou seront mis - à la retraite sans avoir le nombre d'annuités nécessaires. A cause du chômage, et parce que le même Balladur a fait passer le nombre d'annuités nécessaire de 37,5 en 1993 à 40 aujourd'hui, beaucoup de nouveaux retraités n'auront pas effectué une carrière complète et ne pourront pas prétendre toucher leur retraite au taux plein. Dans le cadre actuel, la retraite est amputée de 10 % par année manquante.

Enfin, le montant des retraites a été directement diminué, en valeur absolue, par le développement important de la CSG (Contribution sociale généralisée). Créée par Rocard en 1990 et généralisée aux retraités en 1998, son niveau s'est progressivement élevé pour atteindre aujourd'hui 6,2 %, auxquels il faut ajouter 0,5 % de CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) et 1 % d'assurance maladie, soit 7,7 % prélevés d'office sur le montant de la pension.

Depuis des années, les différents gouvernements s'en prennent directement au niveau de vie des travailleurs âgés qui partent en retraite. Progressivement, la première retraite, qui représentait plus de 80 % du dernier salaire en 1993 n'en représentera plus que 60%, voire 40 % !

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