EDF-GDF : Consultation sur les retraites du 9 janvier, un référendum non démocratique09/01/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/01/une1797.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

EDF-GDF : Consultation sur les retraites du 9 janvier, un référendum non démocratique

La consultation du personnel d'EDF-GDF sur l'avenir du système des retraites a été fixée au jeudi 9 janvier. Nous n'en avons donc pas les résultats à l'heure où nous écrivons. Mais nous pouvons dénoncer les conditions de cette consultation.

Tout d'abord les 280 000 actifs et retraités d'EDF-GDF ont été informés de façon aberrante et scandaleuse. Les actifs - environ 140 000 - ont reçu, par un envoi central, un courrier avec le texte du relevé de conclusions (c'est le nom du projet d'accord) ainsi que les textes de différents syndicats, mais uniquement les partisans de la signature, à savoir la CGT, la CGC, la CFDT, et la CFTC. Mais rien, pas le moindre point de vue, des opposants. Rien de FO, qui pourtant a refusé de participer aux négociations ayant abouti au relevé de conclusions. Rien de Sud-Energie, opposé également à l'accord, et rien des nombreux syndicats CGT qui, s'opposant à la Fédération, ne voulaient pas signer l'accord.

Quant aux 140 000 retraités, ils ont été informés par les nombreux CAS (l'équivalent des Comités d'entreprise) et leur information est... extrêmement variable. Et ils ne reçoivent le point de vue des opposants que lorsque ces derniers tiennent en main des CAS, ce qui est très rare.

Que dirait-on d'une consultation électorale, quelle qu'elle soit, où les opposants n'auraient pas le droit de faire connaître leur position ? Qu'elle est truquée !

Ainsi, excepté certains secteurs et certaines régions où les opposants à ce relevé de conclusions ont pu se manifester, surtout par le canal syndical, dans le reste du pays le personnel n'a eu droit qu'à la propagande officielle. Laquelle prétend que ce projet d'accord est bénéfique, qu'il préserve l'essentiel, et cela avec la bénédiction de quatre fédérations syndicales, dont la CGT. De quoi faire une forte pression pour emporter la décision.

Autre élément déterminant, la date de la consultation. La direction et les syndicats signataires voulaient faire vite, afin de prendre le personnel par surprise, de ne pas lui laisser le temps de réfléchir, car plus le temps passe, plus les opposants au relevé de conclusions sont nombreux. Après avoir subi un camouflet le 20 décembre, date à laquelle les partisans de l'accord avaient d'abord prévu de signer mais où ils ont été désavoués par une opposition au sein de la CGT et celle d'une partie du personnel, ils ont remis ça, dans la précipitation, le 9 janvier, sans laisser au personnel le temps de prendre connaissance de tous les points de vue sur cette question pourtant de première importance.

En outre la consultation mélange sur un pied d'égalité les retraités et les actifs, alors que les retraités n'ont rien à perdre et quelques miettes à gagner au relevé de conclusions, tandis que les actifs d'aujourd'hui, retraités de demain, ont gros à perdre.

Et pour avantager les retraités, ces derniers pourront voter par correspondance, et seulement de cette façon, alors que les actifs ne pourront pas voter par correspondance, ce qui écarte tous ceux qui pour une raison ou une autre (RTT, stages, vacances, maladie, etc.) seront absents ce jour-là !

Tout était donc fait pour créer un scrutin sous influence.

Enfin, personne ne fait confiance aux syndicalistes partisans de l'accord, lorsque ce sont eux qui tiendront en main les bureaux de vote, pour ne pas " bourrer les urnes ".

Un vote a la CGT parisienne

Le lundi 6 janvier, le syndicat CGT de Paris, dirigé par des opposants au relevé de conclusions, a organisé un vote parmi les syndiqués. Il y avait pas mal d'absents pour raisons diverses, mais sur 835 inscrits, 528 (soit 63,23 %) ont pris part au vote.

Le résultat est sans appel : 4 nuls, 487 contre l'accord et 37 pour. Les contre représentent 92,94 % des exprimés !

Mais attention, ce résultat ne doit pas faire illusion : il est celui des endroits où les opposants au relevé de conclusions ont pu exposer leur point de vue et en débattre. Il représente le point de vue des syndiqués qui, dans cette affaire, sont probablement les plus combatifs. Mais il est indéniable que le temps travaille en faveur des opposants.

Nous souhaitons - et nous militons pour cela - que le non l'emporte. Mais si jamais c'était le oui, ce serait dû incontestablement aux conditions non démocratiques de cette consultation.

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