Inondations dans le Gard : Un mois après01/11/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/11/une1787.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Inondations dans le Gard : Un mois après

Après les inondations dans le Gard, les sinistrés ont été correctement secourus par les organisations caritatives. Ils ont reçu du linge, des meubles, de l'électroménager... pas en général à hauteur de ce qu'ils ont perdu mais suffisamment pour pouvoir redémarrer. Pour l'essentiel ce matériel est du matériel d'occasion. L'aide des pouvoirs publics, elle, a été beaucoup plus réduite : 150 euros par foyer sinistré plus 65 euros par enfant... Argent fourni pour moitié par l'État, pour moitié par le Conseil général.

Ceux qui sont assurés se débrouilleront toujours plus ou moins bien avec leurs assurances. Par contre dans les quartiers populaires beaucoup n'étaient pas assurés et quand ils l'étaient, c'était au minimum. Les voitures en particulier étaient assurées uniquement pour les risques civils. Clairement, si rien n'est fait, ils ne toucheront rien ni pour leurs meubles ni pour leur véhicule.

Pourtant l'argent qui est collecté est pour les sinistrés et tous ceux qui versent pensent en particulier aux plus pauvres. L'alerte a été donnée très tard, et pas seulement à Aramon. Les secours, malgré le dévouement des secouristes, ont été au départ complètement désorganisés (aucun plan prévu, absence de toute communication entre les unités... ). Cela a aggravé les conséquences du sinistre. Les pouvoirs publics sont responsables et ils doivent réparation.

Or pour l'instant, si certains fonds sont débloqués, c'est au cas par cas ou secteur par secteur : La Poste pour les postiers sinistrés, la SNCF pour les cheminots... Par ailleurs, du côté des partis, les préoccupations électorales sont bien présentes, les mieux placés dans ce domaine étant les politiciens en place. C'est ainsi que la municipalité d'Alès (UMP) a créé une association (loi 1901) fondée par trois membres dont deux adjoints au maire qui collecte les fonds (Alès Solidarité Inondations). On ne peut adhérer à cette association qu'avec l'aval des fondateurs ! La municipalité d'Alès fera évidemment ce qu'elle voudra des fonds recueillis, au mieux de ses intérêts électoraux.

Lors des inondations de Nîmes, en 1988, l'argent avait servi, entre autres, à rénover certains quartiers, dont le quartier Richelieu, certes sinistrés mais aussi très vétustes. Cela avait été très bien pour les propriétaires, mais le choix des priorités était discutable. Et d'autres fonds ont eu probablement une utilisation encore moins nette.

Dans le Gard, au départ à Alès à l'initiative du Collectif d'Action contre le Chômage, s'est créé un comité de défense des sinistrés sans assurance ou mal assurés (composé essentiellement d'habitants des quartiers populaires sinistrés) qui dit que l'argent doit aller en priorité aux plus pauvres. Le comité revendique 4 000 euros pour tous les sans-assurance ou mal-assurés qui ont perdu tout leur mobilier. Il revendique 2 500 euros pour ceux qui ont perdu un véhicule, quel que soit son âge et son état. Le comité fait remplir à tous les sinistrés sans assurance ou mal assurés des déclarations de sinistre, et les centralise. Il a déjà obtenu que ceux qui ont perdu un véhicule ne payent pas la carte grise du nouveau, et son action continue.

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